Séisme dans les fournitures scolaires

- 23h54 - Maroc - Ecrit par : L.A

Plus de 1 million de cartables seront distribués gracieusement cette année. Un don qui bénéficiera aux zones répertoriées INDH. C’est la plus grosse opération de distribution de fournitures jamais organisée. Elle bénéficiera aux élèves de la 1re année du primaire à la 1re année du collège. Le coup d’envoi sera donné par le Souverain, ces 20 et 21 août à Tanger. Coût global : 200 millions de DH, financés par des organismes publics. Dans les provinces, cette opération sera supervisée par les walis et gouverneurs en partenariat avec les représentants de l’Education nationale.

Au total, ce sont exactement 1.109.973 cartables garnis qui seront distribués, soit plusieurs millions de manuels, de cahiers et autres stylos.
Les éditeurs jubilent devant ce marché juteux de 200 millions de DH. D’autant plus que l’action sera inscrite dans la durée. Les premières indiscrétions parlent d’une opération qui sera reconduite. Elle est planifiée sur au moins 4 années. Une manne pour plusieurs maisons d’édition à l’instar de Dar Takafa, Top Edition, Sochepress, Librairie nationale, Al Oumma, Somagram… Les éditeurs ne sont pas les seuls à exulter. La grande distribution a aussi une part de ce marché. Car, outre les manuels qui seront fournis par les maisons d’édition, Marjane a décroché la partie cartables et autres fournitures (cahiers, stylos, crayons, trousses…).

Dans le primaire seulement, l’opération devra bénéficier pour cette rentrée 2008-2009 à 993.357 élèves, soit 513.299 ruraux et 480.058 citadins.
Pour la 1re année du collège, ce sont 116.616 cartables qui seront distribués (32.094 dans le rural et 84.522 dans les villes). Certes, c’est une initiative de bienfaisance louable qui s’inscrit dans une politique de généralisation de l’éducation auprès des couches les plus défavorisées. Celles-là même que la facture salée des fournitures rebute et devient souvent le principal prétexte à l’abandon scolaire. Rappelons que plus de 200.000 élèves abandonnent l’école chaque année. Ils ont été exactement 216.000 à l’avoir quittée en 2006.

Le revers de la médaille, c’est que l’opération vise « le cœur de cible » des petits libraires et autres détaillants. Autrement dit, le marché des quartiers défavorisés des grandes villes, des banlieues et autres villages en pâtira. « On ne vendra pas un seul exemplaire dans les provinces ciblées », annonce un commerçant.

En attendant la rentrée, c’est le branle-bas de combat dans le microcosme des libraires, grossistes et autres distributeurs de manuels et fournitures scolaires. Le marché est en ébullition !

Plusieurs commerçants se disent « lésés » cette année et annoncent de gros risques de perturbations dans le commerce des manuels scolaires de l’enseignement primaire. Des distorsions sont également pressenties dans le marché des cartables et des fournitures.

D’autant plus que la plupart des libraires ne travaillent généralement qu’en cette période de la rentrée. Le reste de l’année, ils vendent des fournitures à l’unité avec des marges infimes, signale un libraire. Le comble, poursuit-il, c’est que ce manque à gagner s’inscrira dans la durée (4 ans). « Il y a déjà une crise dans le secteur. Si cela continue ainsi, le métier de libraire sera voué à disparaître », témoigne un professionnel. Les commerçants dénoncent non seulement le timing, mais aussi les modalités de distribution des manuels.

En cas d’invendus qui s’annoncent à plusieurs millions de manuels, les détaillants n’auront pas de quoi payer leurs commandes, dont les premières échéances tomberont le 30 septembre prochain.

Pour les besoins du coup d’envoi de cette opération INDH à Tanger-Tétouan, des éditeurs ont été « sommés » de rassembler plusieurs milliers d’exemplaires en un temps record, le week-end dernier, confie un professionnel. L’objectif étant de garantir les quantités requises pour la 1re étape.

Comme cette opération n’était pas annoncée, « tout ce qui a été édité a été distribué dans les régions, comme à l’accoutumée, ces derniers mois », confie un éditeur. Ce qui a rendu l’opération très complexe.

Face à cette situation, des éditeurs ont répercuté la pression sur leurs clients, les libraires. « Ils nous ont envoyé un courrier sur un ton menaçant, nous sommant de restituer la marchandise dans un délai de 3 jours et au prix d’achat », témoigne un libraire. Sinon, ils menacent d’encaisser les chèques et autres effets de paiement dans l’immédiat sans tenir compte du deal verbal des 90 ou 120 jours, voire fermer des lignes de crédit ouvertes depuis plusieurs années. « C’est du jamais vu. Un chantage inhabituel dans la profession ! », dénonce un libraire. Selon ce dernier, la restitution des manuels est quasi impossible, car le plus gros de la marchandise a été distribué dans les régions.

En plus, renchérit-il, au prix d’achat facturé par l’éditeur, il faut ajouter la manutention, le loyer des dépôts de stockage, le transport, la distribution, les frais du personnel... « Si seulement, nous avions été prévenus des mois à l’avance. Si cela avait été le cas, personne ne se serait aventuré à passer de grosses commandes », tient à souligner un autre libraire à Casablanca.

A deux semaines de la rentrée des classes, le problème des manuels scolaires risque de se poser avec acuité dans les grandes villes. Des libraires tirent déjà la sonnette d’alarme contre d’éventuelles distorsions : cafouillage dans la distribution, marché noir, rareté de certains manuels, spéculations sur les prix et autres ventes sous le manteau…

Encadrer la bienfaisance !

Pour un grossiste spécialisé dans les manuels à Casablanca, les principales zones où le manque à gagner sera très important dans la métropole, sont : Sidi Moumen (Douar Thomas, Sekouila…) Sidi Bernoussi, Hay Mohammadi, El Fida-Derb Soltane, Attacharouk, Ancienne Médina… Des quartiers retenus par l’opération. Curieusement, ce sont aussi des zones où les donateurs « barbus » sont les plus généreux. Des quartiers tristement célèbres par où sont passés des kamikazes. Des fiefs où la bienfaisance islamiste bat son plein en pareille circonstance (rentrée scolaire, Ramadan, deuils, prise en charge médicale…). Ne serait-ce pas là une opération qui vise aussi à couper l’herbe sous les pieds à la « générosité islamiste » ? La question reste posée.

En tout cas, à elle seule, Fès sera couverte à près de 70% par cette action. Au total, Fès-Boulemane devra bénéficier de 57.776 cartables, soit plusieurs millions de cahiers et manuels. Salé, Meknès, Tétouan, Tanger, Khouribga, Settat, Marrakech, Rabat…sont les principales villes bénéficiaires de quantités importantes.

Source : L’Economiste - Amin Rboub

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