Dubaï, le nouvel eldorado des Marocains

- 20h59 - Maroc - Ecrit par : L.A

De tous les Etats du Moyen-Orient, les Emirats Arabes Unis (EAU) séduisent de plus en plus les Marocains. Après la Libye qui compte quelque 120.000 Marocains, en majorité peu qualifiés, c’est le deuxième pays arabe où la communauté marocaine est la plus nombreuse. En quelques années seulement, leur nombre a atteint quelque 30.000.

La concentration la plus importante de nos compatriotes se trouve à Dubaï, l’un des sept Emirats, constitués en fédération à partir de 1971, et qui connaît actuellement, plus que tous les autres pays de la région, un développement urbanistique phénoménal. Omar Makhfi, journaliste rédacteur en chef marocain à Dubaï TV, affirme que dès l’atterrissage à l’aéroport, en allant à l’hôtel pour s’installer, dans les malls pour faire des achats, à la banque pour faire le change, le visiteur ne peut pas ne pas rencontrer des Marocains. Pour Anas Bouslamti, journaliste, la communauté marocaine, bien que très demandée sur le marché de l’emploi à cause des potentialités qu’elle recèle, reste en deçà des relations privilégiées qu’entretiennent le Maroc et les EAU depuis la réunification du pays en sept émirats au début des années 1970.

Des Marocaines s’imposent comme travailleuses « honorables » au-delà du cliché de prostitution qui leur est collé

L’histoire du journaliste Anas Bouslamti que nous avons rencontré à Dubaï fin avril dernier est révélatrice de la capacité des Marocains à s’imposer sous d’autres cieux pour montrer leurs talents pourvu qu’on leur donne les moyens. Aucun journaliste marocain avant lui n’avait couvert directement par reportage une guerre, et il a été sur le champ de bataille à deux reprises. En 2001, en Afghanistan, alors qu’il était reporter de la chaîne de télévision d’Abou Dhabi, là, il a frôlé la mort après deux arrestations si ce n’était l’intervention des autorités marocaines et allemandes (Anas était marié à une Allemande).

La deuxième fois où il était reporter de guerre, c’était pendant l’invasion américaine de l’Irak en 2003 : là, il a préféré, pour éviter des mauvaises surprises, accompagner comme d’autres journalistes les forces américaines du Koweït à Bagdad. Après plusieurs années passées à Dubaï, Bouslamti ne pense-t-il pas retourner à son pays pour lui faire profiter de son expérience ? Comme beaucoup de Marocains installés à Dubaï, (et à l’étranger), l’idée de revenir au pays le taraude toujours. « D’autant plus avec la libéralisation du champ de l’audiovisuel marocain. Hélas, l’expérience de Médi 1 Sat le prouve, on continue encore de tourner le dos et de mépriser les talents marocains, au Maroc, et ceux qui travaillent dans les pays du Golfe ».

Comme cette Marocaine, Siham Slimani, qui a fait ses études à l’université de Georges Washington. Une fois de retour au Maroc, elle dépose partout ses CV. Aucune réponse. Au premier CV envoyé à Dubaï, à une grande multinationale immobilière, elle est engagée comme directrice régionale et brille de mille feux.

Plusieurs Marocains ont si bien réussi leur parcours professionnel à Dubaï qu’ils deviennent chefs d’entreprises. C’est le cas de Nabil Iben Brahim et de Mohamed Belarj. Le premier, lauréat de l’Ecole Mohammedia des ingénieurs (EMI), a réussi la gageure d’installer et de diriger le bureau HPS de Dubaï, une entreprise spécialisée dans la monétique et les paiements électroniques.

Le second, ex-cadre à la Banque centrale populaire au Maroc, il a pu gravir les échelons pour devenir lui aussi chef d’un cabinet de conseil PSC (payement system consulting) en monétique. Le cas de Abdallah Essonni, qui a réussi sa carrière hôtelière à Dubaï, est révélateur aussi de la dynamique et de l’ingéniosité des Marocains installés à Dubaï.

En cinq ans, la physionomie de Dubaï se transforme à vue d’œil, et les projets touristiques et immobiliers fleurissent chaque jour

Abdallah Essonni est natif de Casablanca. Après un diplôme en gestion touristique et hôtelière obtenu à l’Institut supérieur de tourisme (IST) à Tanger, il part en 1984 continuer ses études aux Etats-Unis, toujours dans le domaine hôtelier. Il entame après une carrière de 9 ans à Hyatt International, au Maroc d’abord, au Sultanat d’Oman ensuite, à la Mecque enfin comme directeur général de plusieurs unités de la chaîne. Il travaille ensuite pour le compte du Jumeirah International Hotel Group en tant que directeur général des ventes au Maroc de Borj Al Arabe, l’emblématique tour implantée en pleine mer.

La raison de cet engouement ? « L’explosion immobilière, les bons salaires et la qualité de service. En cinq ans, la physionomie de Dubaï se transforme à vue d’œil, et les projets touristiques et immobiliers fleurissent chaque jour. Les dirigeants du pays ont une vision claire de l’avenir des EAU : en faire un Singapour des Arabes, et ils y mettent le paquet. Là où il y a les compétences, ils vont les chercher », affirme Bouslamti. Emaar, la plus grande entreprise immobilière du pays (avec sa rivale, Nakheel), et l’une des plus grandes du monde, échafaude à tour de bras les plus grands projets : le dernier en date est Borj Dubaï, une tour qui tutoie le ciel, la plus haute du monde avec presque… un kilomètre de hauteur. Et Dubaï Marina, un des plus grands ports de plaisance au monde, avec une superficie de près de 4,5 km2, de 3,5 km de longueur, et de 11km de passages pour piétons. Sans parler du métro dont les travaux sont menés d’arrache-pied pour qu’il soit opérationnel en 2009. Il viendra à point nommé car, il y a seulement quelques années, d’un désert morne, la cité s’est transformée pour donner lieu à des autoroutes avec des embouteillages aux heures de pointe qui n’ont rien à envier aux grandes métropoles occidentales.

Pour valoriser sa présence à Dubaï et en tirer le meilleur profit, la communauté marocaine est en train de se constituer en club pour, en même temps, créer un cadre de divertissement, et constituer un lobby. Le club réunit quelque 200 Marocains, bien installés à Dubaï, et appartenant à différents secteurs. Ils se réunissent autour de dîners, ils organisent des spectacles et autres activités ludiques pour les enfants, une façon de parler darija et de penser au pays… Il y a quelques jours, le club a participé à une « international day » dans les écoles de Dubaï, avec un stand marocain original : un événement auquel le Maroc n’a jamais participé auparavant.

Source : La vie éco - Jaouad Mdidech

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