EasyJet déplace 912 vols vers Marrakech, ses représentants européens contestent… et perdent
La base d’easyJet à Marrakech s’est retrouvée au cœur d’un conflit avec les représentants européens de ses salariés. Ils reprochaient à la compagnie de ne pas les avoir consultés avant son ouverture. Le Central Arbitration Committee britannique vient de rejeter leur plainte.
Le litige a été porté devant le Central Arbitration Committee (CAC), l’instance britannique compétente pour certains conflits liés aux comités d’entreprise européens. Dans sa décision publiée par le gouvernement britannique, le panel donne raison à easyJet.
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La compagnie reconnaissait ne pas avoir consulté son European Works Council avant de décider d’installer trois avions à Marrakech. Le comité estimait que cette implantation concernait également les salariés européens, puisque des liaisons auparavant opérées depuis la France, l’Italie ou les Pays-Bas étaient désormais assurées depuis le Maroc.
Les chiffres présentés pendant la procédure confirment ce basculement. En 2025, les huit bases européennes concernées avaient opéré 1 710 vols vers Marrakech. En 2026, leur nombre tombe à 1 282, tandis que 912 vols sont assurés depuis la nouvelle base marocaine.
Certaines liaisons ont ainsi été « retournées » : l’avion et son équipage ne partent plus d’Europe vers Marrakech, mais du Maroc vers la destination européenne. EasyJet a toutefois démontré que les bases concernées n’avaient perdu ni avions ni emplois. Les créneaux libérés ont été réaffectés à d’autres destinations.
Des pilotes indépendants, une première pour easyJet
La procédure dévoile également le modèle retenu à Marrakech. Après la période de lancement, le personnel de cabine doit être fourni localement par l’agence Storm Global, tandis que les pilotes travaillent sous statut indépendant.
EasyJet n’avait encore jamais utilisé ce type de contrats dans l’une de ses bases. Ses autres équipages étaient jusqu’ici directement employés par la compagnie ou ses filiales. Ce choix avait déjà provoqué l’inquiétude des syndicats de pilotes.
Pour lancer l’activité, easyJet envisageait initialement de détacher jusqu’à une centaine de salariés européens au Maroc. Finalement, 44 pilotes volontaires et aucun membre du personnel de cabine ont été envoyés temporairement à Marrakech, pour une durée pouvant atteindre six mois.
Le CAC reconnaît le caractère exceptionnel de ce nouveau modèle contractuel. Il estime cependant que ses conséquences concernent principalement les salariés recrutés au Maroc. Les trois avions représentent moins de 1 % de la flotte d’easyJet et les détachements moins de 1 % de ses quelque 10 000 salariés.
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Le panel juge donc que les effets sur les bases européennes sont trop faibles pour imposer une consultation transnationale. Il relève également que le comité d’entreprise n’avait pas formellement demandé la réunion exceptionnelle prévue par les textes. La plainte est rejetée : easyJet n’avait aucune obligation, dans ce cadre juridique, de consulter son comité européen avant d’ouvrir sa base de Marrakech.