Elections françaises : Quels enjeux pour le Maroc ?

- 00h27 - France - Ecrit par : L.A

Dès le mois d’avril 2007, la France va connaître plusieurs scrutins décisifs pour l’avenir des relations franco-marocaines dans la mesure où leurs résultats pourraient entraîner d’importants changements dans l’attitude de Paris.

Le Maroc a tout intérêt à surveiller de près le déroulement et le résultat des élections présidentielles et législatives en France car celles-ci pourraient se traduire par un changement de l’attitude française à son égard, contrastant avec le soutien du président Jacques Chirac à Rabat, notamment dans le dossier du Sahara.

De fait, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy semblent partager une sorte de « consensus mou » concernant les grandes options politico-stratégiques de la France, avec une certaine continuité de la diplomatie française et de ce que l’on appelle « la politique arabe de la France ».

Les deux challengers principaux de l’élection présidentielle ne peuvent toutefois se désintéresser totalement de la politique étrangère en général et du Maroc en particulier.

Selon certaines statistiques, il y aurait en France près de 1, 2 million de Franco-marocains dont la moitié seraient inscrits sur les listes électorales. Le scrutin de 2007 sera le premier scrutin présidentiel où le « vote arabe » ou le « vote des banlieues » jouera un rôle important. Ce sera la première fois où s’exprimera massivement la « deuxième génération », les enfants issus de l’immigration, nés en France et qui entendent y rester.

La mobilisation en faveur de l’inscription sur les listes électorales, s’est doublée de l’ouverture d’un débat sur la meilleure représentativité, dans les institutions et les partis politiques, des « minorités dites visibles ». Beaucoup considèrent que ces générations issues de l’immigration voteront majoritairement en faveur de la gauche. Toutefois, il faut tenir compte de l’existence d’une certaine « bourgoisie » qui pourrait apporter son soutien massif à Nicolas Sarkozy pour marquer sa désapprobation de l’échec radical de la gauche en matière d’intégration alors qu’elle était au pouvoir.

Des élus, fortement intégrés dans la société locale, revendiquent haut et fort leur marocanité. Pour eux, « Les identités ne s’opposent pas, elles se renforcent » même si Rachida Dati, porte-parole de Nicolas Sarkozy, refuse tout contact avec le pays de son père. Pourtant, « un tiers des militants de l’UMP sont issus de l’immigration, surtout parmi les nouveaux adhérents ».

Que peut attendre le Maroc des prochaines élections présidentielles et législatives ?

S’agissant des deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, il ne fait aucun doute que l’élection de l’un ou de l’autre aura d’importantes conséquences sur les relations franco-marocaines. Certes, pour la première fois depuis 1981 le/la futur(e) président(e) de la République n’aura pas un fort lien, quasi-naturel, d’empathie avec le Maroc ou d’amitié instinctive pour celui-ci comme cela était le cas, pour des raisons différentes, de François Mitterrand et de Jacques Chirac.

Avec Ségolène Royal, cette dimension passionnelle, personnelle, disparaîtra probablement. Cela sera moins le cas avec Nicolas Sarkozy. Certains de ses proches, un Jean Reno par exemple, ont conservé de forts liens sentimentaux avec leur pays natal.

Si elle était élue présidente de la République, Ségolène Royal pourrait être à l’origine d’un relâchement des liens entre Paris et Rabat et se montrera encline à privilégier l’axe Paris-Alger, ce qui serait préjudiciable aux intérêts du Maroc. Nicolas Sarkozy, même s’il n’aura jamais avec le Maroc la proximité d’un Jacques Chirac, aura une attitude plus positive. Il voit dans le Maroc un allié potentiel, infiniment plus fiable que l’Algérie, dans la lutte contre le fondamentalisme religieux et il a pu mesurer, lors de son passage au ministère de l’Intérieur, la part active prise par le Maroc dans la prévention de l’immigration clandestine en provenance d’Afrique sub-saharienne. Cela l’amènera naturellement , si ce n’est à renforcer, du moins à maintenir, dans l’intérêt commun des deux pays, les relations privilégiées entre la France et le Maroc et à défendre la position marocaine sur le Sahara.

Aujourd’hui le Maroc - Robert Assaraf

  • Présidentielles françaises : Quels enjeux pour le Maroc ?

    Vu sa proximité géographique, ses relations historiques, économiques et culturelles, le Maroc ne peut se désintéresser des élections présidentielles françaises. La France est en effet le premier client et fournisseur du Maroc, elle est également le premier investisseur dans notre pays. Une communauté marocaine nombreuse vit en France, et une importante communauté française réside au Maroc. Outre les relations bilatérales, qui sont très denses, la France est également notre point d'appui auprès de l'Union européenne à laquelle le Maroc est associé.

  • Le vote des Français du Maroc

    51,9 % des Français du Maroc ont voté pour Nicolas Sarkozy contre 48,1 % pour Ségolène Royal.

  • France : L'immigration toujours au centre de la campagne électorale

    A moins d'un mois des élections présidentielles en France, la carte politique est devenue plus claire. Pour les prochaines élections le Conseil Constitutionnel a validé 12 candidats. Le président Jacques Chirac pour la première fois déclare son soutien à son « fils maudit », Nicolas Sarkozy, le candidat de la droite française qui va quitter cette semaine son poste contesté de ministre de l'Intérieur.

  • Les Français du Maroc ont voté Sarkozy

    Les Français établis au Maroc ont plutôt le cœur à droite. C'est ce que révèlent les résultats du premier tour de l'élection présidentielle française, organisé le 22 avril dans les consulats de France.

  • Les présidentielles françaises et le vote maghrébin

    Après un flottement dans les sondages pour Ségolène Royal au début du mois de février, les sondages sont une nouvelle fois en faveur de la candidate. Après ce moment de doute et d'incertitude, elle a décidé de rappeler la vieille garde du parti socialiste. En tête l'ancien premier ministre Lionel Jospin, Laurent Fabius, Pierre Mauroy et d'autres ont rejoint le QG de Ségolène Royal. Cela représente un virage pour la candidate des socialistes qui a commencé sa campagne loin des appareils du parti et avec une équipe de jeunes voulant mener bataille sans les éléphants du PS.

  • Les beurs s'invitent dans la présidentielle

    Le 3 décembre 1983, la “Marche des beurs” avait drainé à Paris plus de 100 000 personnes manifestant pour l'égalité et contre le racisme. La gauche mitterrandienne alors au pouvoir avait, semble-t-il, compris le message. Mais plus de vingt ans après, l'hémicycle est toujours vide de cheveux crépus et de visages basanés.

  • Sarkozy et ses immigrés

    Attendue, la victoire de Nicolas Sarkozy a été nette et sans bavure. Comment est-elle perçue par les ressortissants marocains et, plus globalement, par les Français issus de l'immigration ? Les banlieues déshéritées de la région parisienne accusent le coup. “C'est le choc. Un choc attendu, mais les gens ne voulaient pas y croire.

  • Présidentielles françaises : Bouffée névrotique de nationalisme

    Les vieux démons reviennent. En 2002, la campagne présidentielle s'était jouée, dans les derniers jours, sur le thème de l'insécurité. Jean-Marie Le Pen en avait bien sûr profité, virant Lionel Jospin du deuxième tour. En 2007, les mêmes causes produisant les mêmes effets, le débat sur l'identité nationale et (sous entendu) l'immigration pourrait de nouveau propulser Jean-Marie Le Pen au deuxième tour.

  • « La complicité de Royal et Jamel restera un moment fort de la campagne »

    Apolline de Malherbe, journaliste auteure d'un livre intitulé « Politiques cherchent Audimat déspérément » (éditions Albin Michel), explique les liens qui s'établissent entre stars et hommes politiques.

  • Sarkozy ou la grande récup' des voix de l'islam

    « Vous pouvez applaudir M. Kamel ! » En cette fin d'après-midi, le député UMP de la Seine-Saint-Denis Eric Raoult inaugure le premier des « 931 apéros Sarko » qu'il a prévu d'organiser dans son département. « L'apéro » se déroule dans un café de La Courneuve, le Royal, « et pas la Royal », ironise-t-il. Le député, membre du staff de Nicolas Sarkozy, en profite pour présenter à la cinquantaine de personnes massées dans une arrière-salle leur futur candidat aux législatives. Son assistant parlementaire, Kamel Hamza, vient d'obtenir l'investiture du parti sur la troisième circonscription. « Après, c'est Kamel qui répond ! » promet Raoult, qui lâche peu le micro. Il évoque l'insécurité en banlieue, la délinquance et ses nouvelles formes. « Par exemple, le "happy slapping". Il y a quelques mois, on ne savait pas ce que c'était. » Il se dépêche de fournir un exemple : « C'est balancer une baffe à Kamel et le filmer. »