« La complicité de Royal et Jamel restera un moment fort de la campagne »

- 00h01 - France - Ecrit par : L.A

Apolline de Malherbe, journaliste auteure d’un livre intitulé « Politiques cherchent Audimat déspérément » (éditions Albin Michel), explique les liens qui s’établissent entre stars et hommes politiques.

Doc Gynéco marche pour Nicolas Sarkozy, Patrick Sébastien pour François Bayrou, Lilian Thuram pour Ségolène Royal… Pourquoi les hommes politiques s’entourent-ils de célébrités ?

Parce qu’ils cherchent un transfert d’amour. Quand Nicolas Sarkozy se montre aux côtés de Johnny Hallyday, il pense que la popularité du chanteur va se déporter sur lui. Il pense que le fan peut se transformer en électeur. Or le vote est un phénomène très complexe et il n’est pas du tout sûr que le transfert d’amour puisse se faire.

Peut-on dire que c’est un point commun entre le PS et l’UMP d’avoir un comité de soutien rempli de peoples ?

Les deux partis n’ont pas du tout le même rapport aux peoples. Nicolas Sarkozy a beaucoup d’amis parmi les stars populaires. Des vrais amis en plus – il a été le témoin de mariage de Jean Reno, il est proche de Johnny. Mais il rame pour se rapprocher des intellectuels. A gauche, c’est le contraire. Il y a une tradition des artistes engagés qui fait que les socialistes assument volontiers leurs liens avec les intellos.

En résumé, les people cautionnent, à droite, l’image des politiques et, à gauche, le fond ?

On peut dire ça, oui. Lorsque Nicolas Sarkozy a été intronisé président de l’UMP en novembre 2004, il y a eu un défilé de people qui le félicitaient sur un mode très personnel. Marie-Anne Chazel lui dit « je voulais t’embrasser, te dire que tu es un type épatant », Alain Delon lance « Good luck, Nico ! Bonne chance, Nicolas ». A la lumière de ces déclarations, comment soupçonner que Nicolas Sarkozy est un homme politique ? Tout était sur le mode « tu es mon copain, je suis content pour toi ». Mais il n’y a pas eu de commentaire sur la France ni sur les Français.

Quant à la gauche, elle a certes moins de crédit chez les sportifs que l’UMP, mais elle bénéficie de Yannick Noah et Lilian Thuram qui tapent violemment sur Nicolas Sarkozy. Ceux-ci se sont beaucoup exprimés et ont balancé des critiques virulentes sur les idées du candidat UMP.

Ségolène Royal et Jamel Debouzze, c’est une alliance qui joue plus sur l’image que sur le fond, non ?

Leur complicité affichée sur le plateau de Michel Denisot sur Canal + restera un moment fort de la campagne présidentielle. Ségolène Royal a pensé que c’était une super publicité de jouer la complicité avec Jamel Debouzze. Pendant l’émission, elle était quasiment hystérique. Ce qui est nouveau, c’est que le PS mette autant en avant ses soutiens people.

Et le Front national ?

Marine Le Pen est contre les comités de soutien. Elle veut que son père soit un candidat anti-système. Or si les politiques se montrent trop proches du monde des paillettes, cela exclut les Français. Du coup, quand Dieudonné a fait son irruption à un meeting de Jean-Marie Le Pen, le Front national n’en a pas fait la publicité.

Les peoples influencent-ils la vie politique française ?

Les hommes politiques eux-mêmes sont devenus des people. Ils se font inviter chez Michel Drucker, dans une émission où l’on revendique de parler de tout sauf de politique. C’est dire à quel point les images suppléent les idées. Mais cela masque un manque. Les liens avec des politiques avec les célébrités, la peopolisation des hommes politiques eux-mêmes sont des formes d’évitement du politique.

Pensez-vous que la caution d’un people puisse faire pencher la balance en faveur d’un candidat à l’élection présidentielle ?

Non, je ne pense pas. Le soutien d’un people ne joue pas plus qu’une affiche de campagne. Regardez Jack Lang, il connaît beaucoup de stars. Pourtant, il n’a pas réussi à devenir candidat socialiste. C’est donc bien qu’à un moment, quelque chose bloque.

20Minutes - Alice Antheaume

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