Sarkozy fait le pari de l’union de la Méditerranée

- 00h36 - France - Ecrit par : L.A

Une élection présidentielle vue du Maroc. "En matière de politique française à l’égard du Moyen-Orient, du Maghreb et du Maroc en particulier, il y a des constantes tellement fortes et qui ne changeront jamais quel que soit le locataire de l’Elysée. Il s’agit bien dans le cas d’espèce d’une politique stable », explique Aissa Ourdighi, membre du bureau politique de l’USFP.

Les relations franco-marocaines sont, on le sait, au beau fixe. Un beau temps renforcé par cette « affection particulière » que porte Chirac à ce Royaume où il a coutume de fêter Noël tous les ans. Faut-il intégrer un tel paramètre dans la politique que compte mener la France à l’étranger ? Le questionnement a le don d’agacer Hassan Abouyoub, ancien ambassadeur du Maroc à Paris et actuellement ambassadeur itinérant. « Se poser une telle question, c’est faire fi des institutions. Laissons les relations à caractère familial dans le giron familial. Les relations entre le Maroc et la France transcendent les considérations partisanes et obéissent à des logiques d’intérêts partagés qui ont toujours su se démarquer des contingences politiques, y compris émanant de courants qui étaient, un temps, hostiles à Rabat. Il n’y a pas de fatalité négative ou positive dans le choix souverain du peuple français. Il faut le dire, le Maroc a une image forte et positive en France et auprès de l’opinion publique française ».

Nicolas Sarkozy au pouvoir, la politique étrangère de l’Hexagone, et plus particulièrement encore à l’égard du Maroc, va-t-elle subir un quelconque changement ? « A priori, il ne faut pas s’attendre à des changements majeurs. Sarkozy appartient à la même mouvance que Chirac, même si ce dernier était un peu plus marocophile à titre personnel. Difficile donc de croire que la diplomatie française va se réorienter ailleurs. La France a une perception très équilibrée de la géopolitique maghrébine, même s’il y a un tropisme marocain plus accentué. Il faut s’attendre à ce que la nouvelle équipe au pouvoir porte un regard aussi objectif sur le Maghreb que l’équipe sortante tout en demeurant plus volontiers sensible aux paramètres marocains », soutient le dirigeant PPS Khalid Naciri.

« Je connais sa verve. Il va se battre »

Au soir de son élection, Nicolas Sarkozy a inscrit l’union des Etats de la Méditerranée sur le tableau des priorités présidentielles. L’Usfpéiste et fervent défenseur de l’espace méditerranéen, Khalid Alioua, s’en félicite.

« C’est une proposition majeure et on ne peut que se féliciter de l’ouverture du nouveau président sur la Méditerranée. Je m’abstiendrais toutefois de commenter la position de Sarkozy au sujet de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne sachant que le Maroc avait formulé l’espoir d’aller plus loin dans ses relations à l’Europe. L’union des pays de la Méditerranée prônée par le nouveau locataire de l’Elysée est en fait une belle perspective pour nous et donne à la question arabe plus de pertinence. J’ai le sentiment qu’avec Sarkozy, la France se situe sur le plan géostratégique dans la méditerranéité même si un clin d’oeil économico-libéral a été fait à l’adresse des Etats-Unis ».

La construction de l’espace méditerranéen dans l’union des pays qui le composent -une idée qui a germé chez une certaine élite euro-méditerranéenne à l’occasion du dixième anniversaire du processus de Barcelone, selon Hassan Abouyoub- est une thématique nouvelle dans un discours présidentiel. Au-delà du cataloggue des voeux pieux formulés à l’occasion d’un processus de Barcelone, celui qui va présider aux destinées de la France pendant 5 ans a clairement fait le pari de l’union de la Méditerranée. « C’est effectivement un thème nouveau, la construction européenne doit concerner l’ensemble méditerranéen qui devrait, lui, renforcer l’Union européenne. Notre pays et les forces politiques de la Méditerranée devraient désormais accorder plus d’attention à cette thématique et à ses perspectives institutionnelles », estime Aissa Ourdighi. Même son de cloche chez Khalid Naciri qui parle volontiers « d’une préoccupation très positive et d’une idée à féconder car elle porte en elle des germes très intéressants ».

Le secrétaire général du PPS, Ismaïl Alaoui, se fait quant à lui plus circonspect et se demande si Nicolas Sarkozy « peut mettre en oeuvre cette belle idée qu’est l’union de la Méditerranée ». « Sarkozy a été l’un des premiers défenseurs de l’appel à l’union lancé à Barcelone. Je connais sa verve et son attachement à ce qu’il promet. Il va se battre pour faire avancer cette belle idée », conclut l’ancien ambassadeur du Maroc à Paris.

Libération - Narjis Rerhaye

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