Emprunter à l’étranger coûte de plus en plus cher au Maroc

- 09h00 - Maroc - Ecrit par : Betty de G.

Le Maroc conserve un accès favorable aux marchés financiers internationaux, mais l’argent emprunté à l’étranger coûte désormais plus cher à l’État. Le coût moyen de sa dette publique extérieure a atteint 3,9 %, en hausse de 0,7 point.

Le coût moyen de la dette publique extérieure du Maroc a augmenté de 70 points de base pour atteindre 3,9 % en 2024, selon les dernières Perspectives économiques en Afrique de la Banque africaine de développement.

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Cette hausse de 0,7 point intervient dans un contexte de durcissement des conditions financières internationales. La Banque africaine de développement souligne également la fragmentation croissante des marchés mondiaux.

Le paradoxe est que le poids de la dette publique extérieure a légèrement diminué. Elle représentait 29,3 % du PIB en 2024, soit 0,4 point de moins qu’un an auparavant. Le Maroc est donc un peu moins endetté à l’étranger en proportion de son économie, mais cette dette lui coûte davantage.

Le Maroc reste un bon emprunteur

Cette évolution ne signifie pas que le royaume rencontre des difficultés pour se financer. La BAD souligne au contraire qu’il conserve un accès favorable aux marchés internationaux et dispose d’un système financier relativement développé.

La hausse du coût de la dette a néanmoins une conséquence directe : elle alourdit progressivement les intérêts supportés par les finances publiques et réduit les marges disponibles pour d’autres dépenses.

La BAD recommande donc au Maroc de diversifier davantage ses sources de financement, notamment par les partenariats public-privé, le développement des marchés financiers et de nouveaux instruments, en particulier dans la finance verte.

L’institution cite aussi les transferts des Marocains résidant à l’étranger, dont une part plus importante pourrait selon elle être orientée vers l’investissement productif.

Cette pression intervient alors que le déficit budgétaire s’est établi à 3,5 % du PIB en 2025. La BAD prévoit qu’il atteindra 3,7 % en 2026 avant une amélioration en 2027.

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Pour le Maroc, l’enjeu n’est donc plus seulement de pouvoir emprunter à l’étranger, mais aussi d’éviter que le financement de ses investissements ne devienne progressivement plus coûteux.