Sans les MRE, le choc énergétique coûterait plus cher au Maroc

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : Betty de G.

La hausse de la facture énergétique doit creuser le déficit extérieur marocain en 2026. Les devises envoyées par les MRE, avec les recettes touristiques, permettront toutefois d’absorber une partie du choc.

Le conflit au Moyen-Orient commence à peser sur les comptes du Maroc. La Banque mondiale prévoit que le déficit du compte courant passera de 2,4 % du PIB en 2025 à 3,3 % en 2026, sous l’effet notamment du renchérissement des importations d’énergie et de biens d’équipement.

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Le baril de Brent est désormais attendu autour de 94 dollars en moyenne en 2026, soit 57 % de plus que les 60 dollars envisagés au début de l’année. Cette flambée devrait aussi réduire de 0,8 point la croissance marocaine, ramenée à 4,2 %.

Dans son Rapport de suivi de la situation économique au Maroc, la Banque mondiale précise que la dégradation du déficit extérieur sera « partiellement compensée » par les transferts des Marocains résidant à l’étranger et par les recettes touristiques.

Les devises des MRE amortissent la facture

Les MRE ne paient évidemment pas directement les importations de pétrole du Maroc. Leurs transferts apportent cependant des devises au pays et réduisent le déséquilibre provoqué par les sommes dépensées à l’étranger pour acheter de l’énergie, des équipements et d’autres produits.

Les recettes touristiques jouent le même rôle. Elles avaient atteint un niveau record équivalent à 8,1 % du PIB en 2025, limitant déjà les effets du creusement du déficit commercial. Les transferts des MRE constituent un autre apport extérieur régulier sur lequel le Maroc peut compter lorsque ses importations augmentent plus rapidement que ses exportations.

La Banque mondiale ne calcule pas ce que serait précisément le déficit sans l’argent envoyé par les Marocains du monde. Elle établit néanmoins clairement que ces transferts empêcheront la facture énergétique et les grands achats d’équipements de peser encore davantage sur la balance des paiements.

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Le Maroc conserve par ailleurs un matelas de sécurité. Ses réserves internationales devraient couvrir environ cinq mois d’importations pendant toute la période étudiée. Le déficit courant pourrait ensuite redescendre à 2,3 % du PIB en 2027 puis à 1,9 % en 2028, à mesure que les grands chantiers nécessiteront moins d’équipements importés.