Sa famille part au Maroc en vacances : la prison lui interdit de l’appeler pendant près d’un mois
Un détenu d’une prison ultra-sécurisée aux Pays-Bas voulait continuer à téléphoner à sa femme et ses enfants pendant leurs vacances au Maroc. Impossible : depuis une modification de la loi, partir temporairement à l’étranger peut suffire à couper ces appels.
L’homme est détenu depuis le 15 mai 2022 dans l’Extra Beveiligde Inrichting (EBI) de Vught, l’établissement réservé aux détenus présentant les risques les plus élevés aux Pays-Bas.
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En avril 2025, la cour d’appel d’Arnhem-Leeuwarden l’a condamné à 26 ans et demi de prison pour une série d’attentats qu’il avait fait commettre, certains alors qu’il se trouvait déjà en détention.
À l’été 2026, un problème très concret s’est posé. Sa femme et ses enfants, qui vivent normalement aux Pays-Bas, devaient passer leurs vacances au Maroc du 5 au 30 juillet.
L’homme a donc demandé à pouvoir continuer à leur téléphoner pendant leur séjour. Le 7 juillet, sa demande a été refusée.
Habiter au Maroc ou simplement y passer ses vacances change tout
Depuis le 1er novembre 2025, les règles applicables aux détenus de l’EBI ont été considérablement durcies. Les appels vers l’étranger restent possibles dans certaines circonstances, mais la personne appelée doit en principe y disposer d’une résidence fixe.
C’est précisément ce qui fait tomber la demande. La femme et les enfants du détenu vivent aux Pays-Bas. Leur présence au Maroc pendant plusieurs semaines n’en faisait donc pas des personnes ayant leur résidence habituelle à l’étranger.
Le détenu a saisi en urgence le tribunal de La Haye afin d’obliger l’État à permettre les appels pendant les vacances. La justice a toutefois refusé d’intervenir, ressort-il de la décision rendue le 24 juillet 2026.
Le tribunal reconnaît que l’interdiction limite nécessairement les contacts entre le détenu et sa famille. Mais les nouvelles restrictions ont précisément été mises en place pour mieux contrôler les communications des détenus placés dans les établissements les plus sécurisés et empêcher que des contacts avec l’extérieur puissent servir à poursuivre des activités criminelles.
Dans le cas de cet homme, son lourd passé judiciaire pèse également dans la balance : il a notamment été condamné pour avoir fait commettre des attentats alors qu’il se trouvait déjà derrière les barreaux.
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Résultat : pendant que sa femme et ses enfants séjournaient au Maroc, du 5 au 30 juillet, il ne pouvait pas bénéficier de l’exception permettant de téléphoner à des proches établis à l’étranger. Le paradoxe est frappant : s’ils avaient réellement vécu au Maroc et rempli les conditions prévues, des appels auraient pu être autorisés ; parce qu’ils n’y étaient que pour les vacances, la règle ne s’appliquait pas en leur faveur.