Pour quitter le Maroc, il trouve son passeur sur Instagram et lui verse 1 000 euros
Un jeune Marocain a expliqué à la justice néerlandaise avoir trouvé sur Instagram l’homme qui devait lui permettre de rejoindre clandestinement l’Europe. Il lui verse 1 000 euros avant de partir en bateau, mais l’affaire se complique une fois arrivé en Espagne.
Né en 2003, le jeune homme affirme avoir quitté le Maroc à cause de la pauvreté et du chômage. Sur Instagram, il entre en contact avec un passeur qui lui propose de rejoindre l’Europe clandestinement par bateau. Il accepte et lui verse un acompte de 1 000 euros.
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Son récit figure dans une décision du tribunal de La Haye rendue le 6 août. Une fois en Espagne, le Marocain devait gagner suffisamment d’argent pour payer le reste du prix convenu.
Il affirme ne pas y être parvenu. Le passeur aurait alors commencé à l’appeler et à le menacer, avant de se rendre également auprès de membres de sa famille au Maroc. Craignant pour sa vie en cas de retour, le jeune homme dit avoir bloqué son numéro en août 2025.
Aux Pays-Bas, une première décision de retour lui est imposée le 21 août 2025. Une demande d’asile déposée le mois suivant est ensuite classée sans suite après son départ sans laisser d’adresse connue.
Les menaces ne convainquent pas la justice
Le Marocain dépose une nouvelle demande d’asile le 19 mars 2026, cette fois en invoquant principalement les menaces du passeur. Les autorités néerlandaises acceptent son identité et sa nationalité, mais jugent ses problèmes avec cet homme insuffisamment crédibles.
Devant le tribunal, il explique que les menaces étaient essentiellement verbales et donc difficiles à prouver. Son téléphone aurait en outre été volé, l’empêchant de produire les appels reçus ou la preuve qu’il avait bloqué le passeur.
Les juges ne sont pas convaincus. Ils relèvent notamment l’absence de documents prouvant les menaces et le fait qu’il n’a pas demandé à sa famille au Maroc de fournir d’éventuels éléments, alors qu’il affirme que le passeur s’était rendu chez ses proches.
La justice tient également compte du moment choisi pour déposer sa nouvelle demande d’asile, alors qu’il se trouvait déjà depuis plusieurs mois en rétention administrative. Pour les autorités, cette démarche pouvait aussi viser à retarder son éloignement.
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Le 6 août, son recours est rejeté. Le tribunal ne remet pas en cause le contact avec le passeur trouvé sur Instagram ni le versement des 1 000 euros, mais considère que les menaces invoquées pour obtenir une protection aux Pays-Bas ne sont pas suffisamment établies.