Sa femme se noie au Maroc : un parcours semé d’embûches pour un Liévinois

- 14h26 - Maroc - Ecrit par : L.A

Angélique Tihani s’est noyée le 28juillet sur une plage marocaine. Son corps a été trouvé par des pêcheurs neuf jours plus tard.

Après la disparition d’une Liévinoise morte par noyade, fin juillet au Maroc (notre édition du 5 août), Azzedine Tihani, son mari, a vécu un véritable parcours du combattant pour assurer les démarches administratives. Resté sur place, il raconte… « Il n’y a pas eu de soutien psychologique, c’est moi qui me suis débrouillé pour tout faire. » Azzedine Tihani est en plein cauchemar. Sa femme Angélique s’est noyée le 28 juillet sur une plage proche de Tanger, en tentant de secourir des enfants emportés par de puissantes vagues : sa fille de 8 ans et une voisine de 12 ans, toutes deux sauvées par cette enseignante de 37 ans. Le drame s’est noué alors que la Liévinoise portait secours à une jeune fille de 17 ans qui, ne sachant pas nager, s’est accrochée à elle. L’arrivée d’un maître nageur n’a rien changé : les deux corps ont été emmenés vers le large. Neuf jours plus tard, celui d’Angélique a été retrouvé par des pêcheurs à quelques dizaines de kilomètres du lieu de l’accident. Pour Azzedine Tihani, « il n’y a tout simplement pas eu de recherches lancées par les autorités marocaines ». Il ajoute que ce sont les pêcheurs eux-mêmes qui l’ont averti.

« J’ai appris la nouvelle cinq jours après que le corps a été sorti de l’eau. La gendarmerie ne m’a même pas contacté, seuls les pêcheurs l’ont fait. » Azzedine Tihani déplore en outre la perte d’effets personnels.
Après l’authentification du corps, il a fallu assurer les démarches administratives. Cette fois, c’est l’action du consulat de France que le veuf met en question. « Quand ils avaient besoin d’un papier, je devais aller le chercher. Ils se sont déplacés une seule fois sur le lieu de l’accident, pour m’auditionner en tant que témoin. » Puis, un problème est survenu lors des scellés. « Les gens du consulat n’ont pas voulu se déplacer. C’est le corps qui a dû l’être. » Et d’ajouter : « Je m’attendais à un soutien des autorités… Je ne tiens plus le coup. Heureusement qu’il y a la famille et les amis. »
« Malentendu »

Au ministère des Affaires étrangères, on reconnaît le « malentendu » lié aux scellés. « Le consulat et le mari de la victime ne se sont pas entendus sur le lieu de fermeture du cercueil. Au lieu de le faire sur place, cela a été fait à Rabat. » Cependant, on assure aussi que « dans la mesure du possible, tout a été fait pour venir en aide à Azzedine Tihani ». Selon ce dernier, le consul en personne aurait appelé pour s’excuser… Les démarches concernant un décès à l’étranger varient suivant les cas. Elles consistent notamment à contacter les autorités locales afin d’obtenir l’autorisation d’inhumer le corps et l’acte de décès. Les pompes funèbres locales ou une compagnie d’assurance se chargent ensuite des obsèques ou du rapatriement du corps. •

Clémence Leveau - La Voix du Nord

  • Les lois Sarkozy, un tue l'amour ?

    Un jeune français nous raconte son parcours du combattant pour s'unir à une marocaine. Le durcissement des lois françaises relatives à l'immigration et à l'intégration vient alourdir les démarches liées au mariage avec un étranger. Zoubair, jeune français d'origine berbère, est tombé fou amoureux d'une belle marocaine, Sahra. Le jour où il s'est décidé à faire sa demande coïncide avec le début d'une vraie galère administrative.

  • Les MRE et le Code de la famille : Une Moudawana plus réaliste

    Mixte ou pas, le mariage d'un Marocain expatrié est tout sauf une simple formalité. Capacité, acte adoulaire, transcription du mariage (sur les registres consulaires du pays d'accueil quand le mariage a été célébré à l'étranger)…

  • MRE : le retour après les vacances

    La phase retour de l'opération transit 2007 a été initiée. Lors de la phase aller de celle-ci qui s'est déroulée du 15 juin jusqu'au 15 août courant, ils ont été 1,4 million de marocains résidents à l'étranger à avoir transité par l'Espagne pour rejoindre le Maroc.

  • Portrait de Lahcen Zinoun, danseur

    Voici, l'histoire d'un parcours, la ferveur d'un homme, la vie passionnée et passionnelle du danseur étoile, Lahcen Zinoun. La danse au Maroc remonte à bien des siècles et répond aux noms d'Ahwash. Être danseur au Maroc relève du tour de force. Pourtant, après un parcours du combattant, Lahcen Zinoun est arrivé à imposer la danse académique. Il a même fait mieux en parvenant et à monter une école de danse, et à organiser à Casablanca le premier festival international de danse contemporaine.

  • Maroc : Plus de 7.300 clandestins secourus en 2006

    La Marine marocaine a porté secours à 7.353 naufragés candidats à l'émigration durant l'année 2006 mais 42 ont péri en raison des conditions défavorables de survie et de séjour en mer.

  • Le ramadan, un marathon pour les Marocaines

    Etre performante au travail, s'occuper des enfants, préparer de quoi nourrir sa petite famille… Ce n'est pas facile en temps normal. Ça l'est encore moins le ventre vide. Cependant, les femmes qui observent le ramadan se débrouillent, tant bien que mal. Explications de Nezha Alaoui, présidente de l'Union de l'action féminine, une association marocaine.

  • Chirurgie plastique : La beauté à tout prix

    Rhinoplastie par ci, implants mammaires par là, en passant par la très fameuse liposuccion. C'est devenu de véritables fantasmes chez beaucoup de jeunes femmes marocaines qui ne se contentent plus d'être à la mode, mais veulent à tout prix posséder le corps de la star de l'année !

  • "Le café des pêcheurs" sélectionné au festival Regards sur le cinéma du Sud à Rouen

    Le court métrage "le café des pêcheurs" du réalisateur marocain Al-Hadi Ulad Mohand, a été sélectionné pour être projeté à la 13ème édition du Festival international prévue, du 15 au 26 janvier prochain, à Rouen.

  • Petites filles au service de ménages riches

    De petites mains toutes rouges et abîmées à force de travailler de longues heures, le crâne rasé, des fillettes mal nourries et mal logées, battues, ligotées et même brûlées sont autant de traces de violences exercées sur les enfants domestiques au Maroc, et dénoncées à IPS par Habiba Hamrouch, une ancienne domestique.

  • Décès de la chanteuse marocaine Rajae Belmlih

    L'artiste marocaine Rajae Belmlih, l'une des plus célèbres voix de la chanson marocaine, est décédée, dimanche après midi à Rabat, à l'âge de 45 ans des suites d'une longue maladie.