Fêtera-t-on l’Aïd al-Adha cette année en France ?
À l’approche de l’Aïd al-Adha fin mai, le manque de moutons de six mois bouscule le rite. Si un organisme de certification suspend ses contrôles ovins, le Conseil théologique musulman de France autorise le sacrifice d’animaux plus jeunes.
Chaque année, le marché de l’élevage français se crispe avant la fête du sacrifice. Les naissances d’ovins ont lieu au premier trimestre, rendant les animaux âgés de six mois particulièrement rares à la fin du mois de mai. L’offre se révèle ainsi structurellement incapable de répondre à une demande très forte, une réalité détaillée par Saphirnews. Face à cette pénurie récurrente d’animaux conformes aux critères religieux traditionnels, les instances cultuelles adoptent des stratégies opposées.
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L’organisme de certification AVS a décidé d’agir avec prudence. Dès le 4 mai, il a annoncé qu’il « ne procédera pas à la certification du sacrifice d’ovins cette année », limitant son action aux bovins de plus de deux ans. Cette décision s’explique par l’impossibilité de vérifier rigoureusement l’âge des moutons sur de grands volumes, faute de système d’identification individuelle. L’organisme invite donc les fidèles qui le peuvent à s’orienter vers les boucheries partenaires pour un sacrifice bovin.
De son côté, le Conseil théologique musulman de France (CTMF) a fait le choix de l’adaptation. S’appuyant sur les textes religieux, l’instance permet exceptionnellement le sacrifice d’agneaux de moins de six mois. Elle justifie cette position par l’évolution des techniques agricoles. Désormais, un agneau de trois ou quatre mois peut atteindre entre 35 et 40 kilos. Le CTMF rappelle d’ailleurs que « l’âge n’était pas recherché pour lui-même, mais comme indicateur d’un développement suffisant, notamment en termes de viande ».
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Cette autorisation religieuse reste toutefois conditionnée. Elle est décrite comme une dérogation exceptionnelle justifiée par le besoin et la règle juridique stipulant que la difficulté entraîne la facilité. Le CTMF précise bien que ce principe « ne s’applique pas lorsque des animaux remplissant les conditions d’âge sont disponibles ». Entre le retrait strict du marché d’AVS et la flexibilité théologique du CTMF, il reviendra finalement à chaque croyant de faire son choix pour accomplir ce rite millénaire.