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Bientôt des feux rouges intelligents à Casablanca ?

24 avril 2008 - 20h40 - Maroc

Ses géniteurs l’appellent Gertrude. C’est une abréviation de « gestion électronique de régulation en temps réel pour l’urbanisme, les déplacements et l’environnement ». Ce système installé dans plusieurs pays (Portugal, France, Chine, Argentine, Mexique...), séduit les décideurs casablancais. En effet, la métropole compte redéployer son plan de circulation 2008-2009. Un plan qui fait lui-même partie du Programme de mise à niveau Casablanca 2010. Et dont les infrastructures routières constituent près de 60% des montants alloués.

C’est dans cette perspective que le projet Gertrude trouve sa raison d’être. Car, parmi les mesures du Plan de circulation, figurent, entre autres, la gestion centralisée du trafic routier.

Le projet Gertrude, « dont l’acquisition coûterait 10 millions de DH, est en cours de validation », selon des sources proches du dossier. Le top management de la société bordelaise Gertrude Saem a fait récemment le déplacement à Casablanca. « Jean-Jacques Montech et Eric Franceries, respectivement directeur général et DG adjoint, ont fait le déplacement pour présenter cet outil informatique de gestion du trafic », selon une source française. Gertrude Saem a été créée en 1981 par la Communauté urbaine de Bordeaux. La ville (mairie dirigée par l’UMP Alain Juppé), applique, depuis 1976, ce système sur une centaine de carrefours centraux.

Gertrude est un « outil de décision, de contrôle et de supervision », expliquent ses concepteurs. Il permet une analyse statistique du comportement du trafic et prend en compte l’évolution démographique, les pôles d’activité ainsi que la détection des points de risque. Comment ça fonctionne ? Des boucles de détection transmettent des signaux à des boîtiers de contrôle installés sur les boulevards. Ces derniers relayent les données à l’ordinateur central qui les envoit à son tour au poste principal. Ce dernier dispose d’un écran sur lequel s’affiche les flux de la circulation en temps réel. Un dispositif auquel s’ajoute caméras vidéo et panneaux d’information.

Le système Gertude, s’il est adopté, va donc recueillir, à la seconde près, les données sur le débit et le taux d’occupation des axes, carrefours, maillages… Le but est de décongestionner la circulation en détectant les zones de saturation. En effet, le système central émet et exécute en une seconde des commandes ciblées pour chaque feu et chaque carrefour ! Une microrégulation qui permet de gérer le flux du trafic au cas par cas et de façon cohérente.

Vu que « la circulation est instable, le système doit être réactif et rapide. Et si le trafic est difficile, son traitement doit être global », d’après la fiche technique du logiciel Gertrude.

Les sources de saturation sont multiples. Quel que soit l’événement et quel que soit son lieu, le système réagit dans tous les points de la ville sur les feux ou les panneaux d’informations.

Dans sa version 2008, Gertrude propose quatre modules : pollution, traitement de saturation, priorité absolue, aide aux transports en commun… Même l’archivage de l’information est possible.

Pourquoi recourir à une gestion électronique et centralisée du trafic ?

Le rapport sur le plan de déplacement urbain d’avril 2007, que L’Economiste a publié en exclusivité, a dressé un tableau peu reluisant sur l’état des équipements : contrôleurs de feux, panneaux, signalisations… Une infrastructure routière dont la technologie a été qualifiée comme étant « dépassée » et « peu appropriée à une sécurité minimum ». Les enquêteurs, mandatés par le Conseil de la ville, n’ont pas été avares de détails. Globalement, « la vétusté et l’inadaptation du matériel entraînent une difficulté de visibilité », révèlent les enquêteurs. Ils donnent pour exemple les automates ou contrôleurs destinés à gérer les feux et qui ne permettent pas de microrégulation. Conséquences : « L’équipement n’a pas été installé pour adapter les durées de phases des feux à l’intensité du trafic. » Résultat, les agents de circulation prennent la relève, basculant en mode manuel. Une technique que les automobilistes casablancais n’apprécient pas particulièrement.

Source : L’Economiste - Faiçal Faquihi

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