À Figuig, le passage d’hélicoptères algériens ravive la tension
Le 11 avril, le survol de la région marocaine de Figuig par deux hélicoptères de combat algériens a ravivé les tensions. Cet incident montre une fois encore la fragilité sécuritaire d’une zone de 1 600 kilomètres sous haute surveillance.
La tranquillité du quartier Baghdad à Figuig, oasis de 10 400 habitants dans l’extrême-est marocain, a été perturbée le 11 avril par le passage de deux hélicoptères militaires algériens. L’ancien maire de la commune, Mustapha Lali, a confirmé ces observations à Jeune Afrique. Il précise toutefois que ce type d’événement n’est pas inédit dans la province. Des épisodes similaires ont déjà affecté les populations locales, notamment en 2021 avec la perte de palmeraies à Oued Laârja, ou plus récemment à Ksar Ich, où des soldats algériens ont installé des bornes frontalières début 2026.
Sur Bladi.net : Maroc - Algérie : tensions à la frontière
Les deux appareils aperçus sont des Mi-28NE de fabrication russe, des engins d’attaque biplaces exclusivement destinés au combat. Si aucune violation de l’espace aérien marocain n’a pu être formellement établie, la publication spécialisée Defensa évoque une « activité militaire inhabituelle » et qualifie la scène comme « l’un des incidents les plus critiques recensés ces dernières années dans cette zone ». Fidèles à leur politique de retenue, les autorités marocaines n’ont émis aucune réaction publique face à cette flotte algérienne qui compte 42 unités de ce type.
Sur Bladi.net : De nouveaux hélicoptères pour l’armée marocaine
Cet accrochage visuel s’inscrit dans un contexte de forte militarisation de part et d’autre d’une frontière de près de 1 600 kilomètres. Le Maroc poursuit la modernisation de ses Forces Royales Air avec la livraison, en mars 2026 à la base de Salé, de six nouveaux hélicoptères américains AH-64E Apache Guardian. Cette réception porte à douze le nombre d’appareils déjà fournis sur une commande totale de 24 unités signée en 2020. Un renforcement de l’arsenal qui témoigne du risque élevé de conflit persistant dans cette région du continent.