Frontière Maroc-Algérie : le « piège fatal » pour les migrants clandestins
La découverte récente de plusieurs corps de migrants subsahariens près de la frontière maroco-algérienne met en évidence la dangerosité des nouvelles routes migratoires. Ces drames seraient liés aux conditions climatiques extrêmes et au manque de ressources.
Six cadavres ont été découverts dans la région orientale. D’après les informations d’Al 3omk, quatre corps ont été repérés le 11 mars 2026 entre Bouarfa et Aïn Chaïr, suivis de deux autres le lendemain sur l’axe reliant Figuig à Bouarfa.
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Le parquet a ordonné le transfert des dépouilles vers Oujda pour y subir une autopsie. Les premières hypothèses privilégient un décès causé par la faim et une chute brutale des températures dans ces vastes étendues dépourvues de tout abri.
Cette tragédie montre une évolution géographique des itinéraires clandestins. Le président d’une association locale précise que cette province constitue un nouveau point de passage pour des populations cherchant à « fuir des zones de conflit et de guerre », notamment depuis le Soudan ou la Libye.
Avant même de franchir la frontière marocaine, plusieurs individus rapportent avoir été dépouillés de leurs biens. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) indique que ces flux s’organisent souvent sous le contrôle de réseaux de passeurs qui facturent le transport et louent des logements de transit à Oujda.
La zone montagneuse de « Ras Asfour » s’avère particulièrement hostile. Outre un froid hivernal mortel, ce secteur est parsemé de profondes tranchées inondées qui s’étendent sur des dizaines de kilomètres, constituant des pièges fatals pour des voyageurs déjà physiquement affaiblis.
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Ces incidents rappellent la mort de 23 personnes lors de la tentative de franchissement de la clôture de Melilla en 2022. Les acteurs associatifs estiment que le renforcement continu des contrôles contraint ces populations à emprunter des voies toujours plus périlleuses, appelant à une approche régionale humanitaire.