En France, la folie des sardines se heurte au verrou marocain

- 09h00 - France - Ecrit par : Nadia El A.

Alors que le Maroc limite ses exportations de poissons congelés depuis février 2026, la demande explose en France. Pour approvisionner des rayons pris d’assaut, les conserveries tricolores déploient des stratégies d’adaptation redoutables.

Sur TikTok, l’engouement des jeunes pour ce produit abordable a fait bondir les ventes de 27 % chez les moins de 35 ans entre 2025 et 2026. Mais cette frénésie se heurte à une réalité logistique complexe, la France important trois fois plus qu’elle ne pêche. Face à une pénurie dans ses eaux, le premier exportateur mondial, c’est-à-dire le Maroc, impose désormais des licences d’exportation sur le poisson congelé afin de privilégier sa propre filière. Une décision qui bouleverse le marché, souligne une enquête parue dans Ouest-France.

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Face à ce verrouillage de la matière première, chaque marque développe sa parade pour éviter la rupture de stock. L’enseigne Parmentier, par exemple, a redirigé une grande partie de ses approvisionnements vers le Portugal, où la ressource est jugée abondante. De son côté, le groupe vendéen Gendreau mise sur l’autosuffisance en exploitant directement ses quatre navires de pêche pour garantir des arrivages frais et éviter les aléas du marché surgelé international.

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L’entreprise finistérienne Chancerelle a opté pour une approche d’implantation directe beaucoup plus stratégique. En exploitant deux usines au Maroc, l’industriel transforme et conditionne directement ses prises avant leur expédition vers l’Europe. Cette méthode de production locale annule purement et simplement les restrictions ciblant le poisson brut. « Pour les sardines déjà en boîte, point de licence requise, et nous avons toutes les autorisations pour les exporter », confirme Charles Mulliez, son directeur marketing.