En fuite au Maroc pendant 24 ans, il est relaxé en France parce que son dossier a brûlé
Poursuivi pour avoir participé à un vaste trafic de cannabis entre le Maroc et la région parisienne, Ahmed A. avait été condamné à six ans de prison. La cour d’appel de Versailles l’a finalement relaxé après la destruction d’une partie essentielle de la procédure.
L’affaire débute en octobre 1999, lorsqu’un renseignement anonyme conduit la police judiciaire des Hauts-de-Seine vers un réseau important de centaines de kilos de cannabis. La marchandise était achetée dans le Rif, transportée par bateau jusqu’en Espagne, puis acheminée en convoi vers la région parisienne.
Une dizaine de suspects sont interpellés et jugés, mais Ahmed A. échappe alors aux policiers en prenant la fuite au Maroc. Selon Le Parisien, il était présenté dans la procédure comme un logisticien du réseau, chargé notamment de trouver les véhicules, les GPS et les jumelles nécessaires aux opérations.
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Les enquêteurs lui attribuaient aussi un rôle dans l’organisation des importations. Des conversations versées au dossier évoquaient notamment 130 kilos de cannabis saisis en Algérie et 700 kilos jetés à la mer par des passeurs durant une traversée de la Méditerranée.
Ahmed A. est finalement arrêté le 4 avril 2023 à l’aéroport d’Orly, près de 24 ans après l’ouverture de l’enquête. Prévenus de son arrivée, les policiers l’interpellent alors qu’il présente un faux passeport établi au nom d’Eddy Merabet. Son retour intervient alors que le Maroc est devenu beaucoup moins sûr pour les fugitifs recherchés en France.
Une relaxe entraîne l’effondrement de toute la procédure
L’affaire avait été divisée entre deux juridictions. Une partie des faits était examinée à Paris, tandis que l’autre relevait du tribunal correctionnel de Nanterre. Mais une partie du dossier parisien a été détruite dans un incendie, rendant impossible le jugement sur ce premier volet. Ahmed A. a donc été relaxé à Paris en mars 2024.
La même année, le tribunal correctionnel de Nanterre l’a pourtant condamné à six ans de prison pour des faits liés au même réseau. Son avocat, Me Tarek Koraitem, a contesté cette condamnation en appel, estimant que les procédures parisienne et nanterrienne reposaient sur un même ensemble matériel et ne pouvaient être séparées.
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La défense a invoqué le principe interdisant de juger deux fois une personne pour les mêmes faits. La cour d’appel de Versailles a suivi ce raisonnement : la relaxe prononcée dans le dossier parisien, elle-même provoquée par la disparition des pièces dans l’incendie, empêchait le maintien des poursuites à Nanterre. La condamnation à six ans de prison a donc été annulée et Ahmed A. définitivement relaxé le 9 septembre.