Go-fast et appartements au Maroc : le procès fleuve d’un réseau ultra-sophistiqué
Quatorze individus comparaissent à Paris pour avoir orchestré un vaste trafic de cannabis entre le Maroc, l’Espagne et la France. Les autorités ont saisi une tonne de drogue et mis au jour un réseau sophistiqué de blanchiment d’argent.
Depuis mardi, le tribunal correctionnel examine le dossier de quatorze hommes âgés de 29 à 42 ans. D’après Le Parisien, ces prévenus répondront jusqu’au 8 avril de faits d’association de malfaiteurs et d’importation de stupéfiants. À la tête de cette structure pyramidale, les enquêteurs ont identifié deux multirécidivistes d’une quarantaine d’années, Mahamadou K. et Morad S., qui géraient l’approvisionnement entamé en 2019.
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Les investigations de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) ont révélé une logistique parfaitement rodée. Pour contrer les filatures, les trafiquants employaient des messageries cryptées, des brouilleurs d’ondes et des véhicules dotés de caches secrètes. L’accusation a toutefois réussi à placer des micros dans les habitacles, précisant que « les investigations techniques permettent de matérialiser plusieurs convois » en provenance de l’Espagne.
Les surveillances policières ont culminé en octobre 2021 avec la saisie exceptionnelle de près de mille kilos de résine dissimulés dans des box du Val-de-Marne. Une autre intervention a permis de retrouver 400 000 euros cachés dans un faux plafond. L’analyse financière a également prouvé que ces revenus illicites étaient réinvestis dans l’immobilier, Mahamadou K. ayant notamment acquis deux appartements au Maroc pour une valeur de 200 000 euros.
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Dans le box des accusés, les principaux mis en cause adoptent des stratégies opposées. Si Morad S. conteste les faits et affirme n’avoir aucun souvenir des preuves sonores, son comparse a choisi de passer aux aveux tout en minimisant les quantités écoulées. « Je tiens à dire que je me suis mal exprimé lors de l’instruction. Mais aujourd’hui, je reconnais les faits qui me sont reprochés », a concédé Mahamadou K. face aux magistrats.