Rejugé à Paris, Mounir Mansouri nie avoir dirigé un réseau entre le Maroc et la France
En cavale depuis 2012, Mounir Mansouri, présenté comme un baron de la drogue francilien, comparaît ces 10 et 11 février à Paris. Il est jugé pour son rôle présumé dans deux vastes réseaux d’importation de cannabis depuis le Maroc, des faits pour lesquels il avait déjà été lourdement condamné par contumace.
L’homme de 49 ans, interpellé en octobre 2025 dans le 15ᵉ arrondissement de la capitale, fait face à son passé judiciaire devant la 33ᵉ chambre correctionnelle. Mardi, il a répondu de son implication supposée dans une organisation criminelle active entre 2008 et 2010, reliant le Maroc, l’Espagne et la banlieue parisienne. L’accusation le désigne comme la tête de pont d’un trafic ayant inondé les cités de Montrouge, Arcueil et Ivry-sur-Seine, s’appuyant sur la saisie de près d’une tonne de résine de cannabis lors de trois opérations distinctes.
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À la barre, Mounir Mansouri, qui préfère le surnom de « Calimero » à celui de « Chauve », a vigoureusement contesté son rôle de chef d’orchestre. Incarcéré à la centrale de Clairvaux à l’époque des faits, il minimise la portée des écoutes téléphoniques accablantes, justifiant l’usage de codes par une « paranoïa » carcérale. Il assure notamment que les termes codés comme « Tom-Tom » faisaient référence à l’achat d’appartements au Maroc et non à des stupéfiants. Ses avocats ont dénoncé l’interprétation des conversations, réclamant en vain leur diffusion pour prouver l’absence d’ordres directs liés au trafic.
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Le parquet, peu convaincu par cette défense sur ses investissements immobiliers au Maroc, a requis neuf ans de prison, soulignant un casier judiciaire déjà riche de 17 mentions et 34 années de détention cumulées. Le jugement a été mis en délibéré au 12 mars. Mais le marathon judiciaire de Mansouri ne fait que commencer : il doit répondre d’une affaire encore plus spectaculaire, impliquant le détournement d’un hélicoptère en 2016 pour transporter 750 kg de cannabis, dossier pour lequel il risque jusqu’à 16 ans de réclusion.