Du « buzz » TikTok aux assises : Le tireur à la rafale condamné à 30 ans de prison
La cour d’assises de Meurthe-et-Moselle a condamné Abdelkrim Bellot à 30 ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté de 20 ans. L’homme était jugé pour une fusillade ayant fait cinq blessés en 2023, sur fond de vengeance familiale.
Au terme de trois heures de délibéré, les jurés ont reconnu l’accusé de 40 ans coupable de tentatives d’assassinat. Si l’avocate générale avait requis la réclusion à perpétuité, la cour a opté pour une peine de trente ans, sanctionnant la violence de l’attaque survenue le 13 mai 2023. Ce jour-là, cinq jeunes âgés de 17 à 30 ans avaient été blessés par balles sur une place centrale de la commune, connue pour abriter un point de deal.
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Le procès a été marqué par le revirement de stratégie de la défense. Alors qu’il avait revendiqué la fusillade tout au long de l’instruction, allant jusqu’à se vanter sur TikTok d’avoir « rafalé sans pitié » pour venger l’humiliation subie par son frère, Abdelkrim Bellot a clamé son innocence à la barre. Il a tenté d’imputer les tirs à une mystérieuse connaissance rencontrée au Luxembourg, une version qui n’a pas convaincu la cour face aux nombreux témoins l’ayant formellement identifié.
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Pour les parties civiles, ce verdict apporte un apaisement nécessaire. Les avocats des victimes ont salué une décision « à la hauteur du drame » et un « marqueur important » pour leurs clients, dont certains gardent des séquelles irréversibles, à l’image du jeune Kenzo, aujourd’hui en fauteuil roulant après avoir été touché à la tête. « Ce qui est important, c’est que le responsable a été condamné », a souligné la défense des victimes.
Le lourd passé judiciaire de l’accusé a pesé sur les débats. Avec 38 mentions à son casier et une vie passée en grande partie derrière les barreaux, Abdelkrim Bellot incarnait une délinquance ancrée. Il dispose désormais d’un délai de dix jours pour faire appel de cette condamnation.