Assassinats de Tidiane et Sofiane : les tueurs dans le box, le donneur d’ordre toujours au Maroc ?
La cour d’assises de Seine-Saint-Denis juge à partir de ce lundi cinq hommes pour un double assassinat commis en 2020 à Saint-Ouen. El Mehdi Zouhairi, soupçonné d’avoir orchestré cette expédition meurtrière depuis le Maroc pour s’emparer de nouveaux points de deal, demeure au cœur des débats malgré son absence.
Le palais de justice de Bobigny s’apprête à replonger dans l’une des périodes les plus sanglantes du narcotrafic en Seine-Saint-Denis. Ce procès, prévu pour durer trois semaines, porte sur l’exécution de Tidiane, 17 ans, et Sofiane, 25 ans, abattus dans une cave de la cité Soubise en septembre 2020. L’enquête désigne comme commanditaire El Mehdi Zouhairi, surnommé le « Gros » ou « Le Malsain », qui aurait ordonné cette purge pour asseoir sa domination sur le marché local de la drogue.
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L’acte d’accusation souligne que Zouhairi, actuellement en fuite au Maroc, cherchait à « faire main basse » sur de nouveaux territoires après l’annonce de la démolition programmée de son fief historique, la cité des Boutes-en-Train. Le passage à l’acte aurait été précipité par le changement d’alliance d’un gérant de point de deal, passé au clan rival des Gacem. Pour punir cette trahison et récupérer le territoire de Soubise, le chef de réseau aurait mobilisé des intermédiaires et des tireurs, dont certains comparaissent aujourd’hui dans le box des accusés.
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Les débats s’intéresseront également à une seconde opération violente menée quelques semaines après le double meurtre, le 3 octobre 2020. Lors de cette tentative d’assassinat à l’arme automatique, les exécutants auraient visé par méprise un véhicule civil, le confondant avec celui d’un rival. Cette série de règlements de comptes illustre la dérive ultra-violente d’une guerre de clans qui a durablement traumatisé la population de Saint-Ouen, menant à plusieurs marches blanches pour dénoncer l’emprise du trafic sur les cités.
Malgré l’absence de Zouhairi, déjà condamné par contumace à vingt ans de réclusion dans d’autres dossiers, la justice française entend faire la lumière sur la logistique de ces attaques.