Hadj D., figure du narco-trafic, jugé à Toulouse, ses complices en fuite au Maroc

- 20h00 - France - Ecrit par : P. A

Le procès de Hadj D., baron de la drogue en détention à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil, et d’autres complices en fuite au Maroc, s’est ouvert ce lundi devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Le narcotrafiquant aurait poursuivi ses activités criminelles depuis sa cellule.

Considéré par les policiers de l’Office anti-stupéfiants (Ofast) comme le troisième plus gros trafiquant de drogue français, le Toulousain de 40 ans a été placé en détention à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil le 4 août dernier. Hadj D. fait l’objet d’une nouvelle enquête qui a révélé l’existence d’une organisation criminelle basée à Toulouse. Le mis en cause avait été condamné à sept ans de prison pour avoir introduit près d’une tonne de cannabis en France. Il bénéficiera d’une libération conditionnelle en juin 2019, rappelle La Dépêche.

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Au printemps 2023, l’Ofast avait ouvert une enquête après avoir vu à plusieurs reprises Hadj D. avec d’autres trafiquants présumés dans un troquet de la place de Milan, entre Papus et la Reynerie, à Toulouse. La surveillance du criminel et de son équipe, ainsi que d’un autre gros trafiquant présumé, Camal A., 42 ans, ont permis aux enquêteurs d’empêcher l’introduction, par ces deux figures du trafic international de stupéfiants et de blanchiment, d’importantes quantités de drogues en Espagne.

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Après plusieurs mois d’observation, les enquêteurs de l’Ofast ont intercepté le 8 octobre 2023 un convoi transportant 603 kilogrammes de résine de cannabis. Cette opération a conduit à l’arrestation de Hadj D. à son domicile et à son placement en détention provisoire. Mais le baron de la drogue aurait continué à diriger ses opérations depuis sa cellule de prison. Le Toulousain donnait des instructions précises aux membres du réseau et à ses complices dont Camal A. via la messagerie cryptée Signal et Snapchat.

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Camal A. est sous le coup d’un mandat d’arrêt. Selon les enquêteurs, il aurait quitté la France pour le Maroc via l’Espagne le 6 octobre. La perquisition de son appartement inoccupé à Cugnaux a permis la saisie de divers objets dont un détecteur, des brouilleurs d’ondes, une compteuse à billets, un pistolet semi-automatique, etc. Nourredine B., un autre narcotrafiquant cité dans le dossier, est également en fuite et recherché. Au total, seize prévenus ont comparu ce lundi devant le tribunal correctionnel de Toulouse.