Des contrats criminels présumés organisés depuis le Maroc examinés par la justice française

- 06h00 - France - Ecrit par : Bladi.net

Considéré comme le donneur d’ordre d’une sanglante guerre de territoires, El Mehdi Zouhairi, alias « Malsain », est au cœur d’un procès fleuve devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis. En cavale, l’homme est accusé d’avoir piloté des assassinats depuis le Maroc pour asseoir sa domination sur le trafic de drogue.

Le procès, qui se tient sans jurés populaires, examine le double meurtre de la cité Soubise et une tentative de tuerie à la Kalachnikov survenue à l’automne 2020. Si quatre lieutenants présumés occupent le box des accusés, le siège de « Malsain » reste vide. Selon l’accusation, le trentenaire aurait orchestré ces expéditions punitives depuis sa retraite marocaine pour « semer la terreur » et éliminer la concurrence du point de deal des « Boutes ».

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L’ombre du royaume plane sur les débats à travers les témoignages et les écoutes téléphoniques. Des rapports de police et des sonorisations d’appartements suggèrent que Zouhairi aurait mis des « contrats » sur la tête de ses rivaux tout en se réfugiant à l’étranger pour échapper à la justice française. Son principal lieutenant aurait notamment confié lors d’échanges privés que « tout le monde sait que c’est lui » derrière la vague de violence qui a secoué Saint-Ouen.

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La défense, de son côté, pointe des failles dans l’enquête, notamment l’absence d’audition de témoins clés. Me Marie Violleau, l’avocate de Zouhairi, conteste la solidité des preuves reliant son client aux tirs de la cité Soubise, basées en grande partie sur des propos rapportés. Alors que deux co-accusés refusent de sortir de leur cellule et qu’un témoin terrorisé a décliné toute déposition, la cour doit rendre son verdict le 27 février prochain.