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Amnesty International exige la libération de Hajar Raïssouni

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6 septembre 2019 - 21h40 - Société

Après les professionnels des médias qui étaient montés au créneau en recourant aux services d’un avocat afin de connaître de cette affaire, c’est au tour d’Amnesty International de s’indigner et d’appeler les autorités marocaines à “libérer immédiatement" Hajar Raïssouni et à "abandonner toutes les charges retenues” contre la journaliste d’Akhbar Al Yaoum, “accusée d’avoir avorté et d’avoir eu des relations sexuelles hors mariage”.

Selon le communiqué d’Amnesty International, publié trois jours avant le procès de la journaliste, prévu pour le 9 septembre à Rabat, "l’arrestation de Hajar Raïssouni et de quatre autres personnes (son fiancé Amin Rifaat, le médecin, et deux autres personnes travaillant à la clinique), est totalement injuste".

A en croire l’institution, "ces allégations constituent une atteinte scandaleuse à sa vie privée”, a affirmé Heba Morayef, Directrice régionale d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Selon celle-ci, si "la loi marocaine pénalise les relations sexuelles hors mariage et l’avortement, l’ONG estime qu’en vertu du droit international, “les femmes ont droit à une autonomie physique et personnelle qui comprend la liberté de prendre leurs propres décisions en matière de sexualité et de procréation”.

En clair, pour Amnesty International, "la criminalisation de services de santé dont seules les femmes ont besoin, comme l’avortement, constitue une discrimination fondée sur le sexe”,

Pour rappel, Hajar Raïssouni a été arrêtée le 31 août pour “avortement illégal” et pour “relations sexuelles hors mariage” alors qu’elle sortait du cabinet de son gynécologue à Rabat. Le Jeudi 5 septembre, son avocat a indiqué que la journaliste porterait plainte contre la police pour torture", à la suite de l’examen médical forcé qu’elle a subi pour l’obliger à avouer des actes qu’elle n’a pas commis”.

Pour sa part, la journaliste pense que son arrestation est avant tout “une affaire politique qui vise à la punir” d’avoir écrit plusieurs articles sur le Hirak du Rif. En effet, Hajar Raïssouni a interrogé à plusieurs reprises le père de Nasser Zefzafi, leader du mouvement de contestation.

Une position rejetée en bloc par le Procureur du Roi qui a affirmé, dans un communiqué publié le jeudi 5 septembre, que "l’arrestation de la journaliste n’a rien à voir avec sa profession".

D’ores et déjà, Amnesty International appelle "les autorités à libérer la journaliste immédiatement et sans condition et à abandonner toutes les charges retenues contre elle et les autres personnes impliquées dans cette affaire”.

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