Haschisch marocain : les réseaux deviennent plus violents en Espagne

- 05h00 - Espagne - Ecrit par : L.A

Le dernier rapport de la Sécurité nationale espagnole désigne le Maroc comme le premier producteur mondial de haschisch. Face à la pression policière, les réseaux criminels adaptent leurs itinéraires et emploient une violence inédite.

Malgré une baisse des surfaces cultivées depuis les années 2000, le royaume compense par une nette augmentation de ses rendements agricoles. La production de haschisch frôle désormais les mille tonnes annuelles, confortant sa place de leader mondial, tandis que la culture de marijuana s’y développe également. L’axe d’exportation historique vers la péninsule ibérique tourne de nouveau à plein régime.

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Pour protéger leurs vedettes rapides des saisies, les cartels préfèrent dorénavant piloter leurs opérations directement depuis les côtes marocaines. La marchandise est transbordée sur de petits navires discrets, qu’il s’agisse de voiliers ou de bateaux de pêche, pour atteindre les ports et plages d’Espagne. Les autorités militaires ont ainsi repéré plus de six cents embarcations suspectes près de Gibraltar, toutes ravitaillées clandestinement en carburant depuis l’Andalousie.

Les trafiquants déploient un arsenal logistique tentaculaire. Les routes terrestres se multiplient via des camions filant vers la France, appuyées par l’utilisation de drones effectuant des liaisons aériennes au-dessus du détroit. Une route atlantique inédite a même vu le jour : la drogue quitte le Maroc par l’océan vers le Sénégal ou la Guinée, traverse le Sahel jusqu’en Libye, puis rejoint l’Europe. Ce redéploiement s’accompagne d’une agressivité extrême, les criminels utilisant des armes de guerre et n’hésitant plus à percuter mortellement les patrouilles maritimes.

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Le trafic opère également dans le sens inverse. L’Espagne exporte illégalement d’importantes quantités de benzodiazépines, des médicaments détournés pour leurs effets sédatifs, vers le territoire marocain. Au-delà des stupéfiants, la publication du média El Confidencial révèle une explosion du « phénomène des nageurs ». Les arrivées par la mer vers Ceuta ont bondi de 330 % en début d’année, provoquant de nombreuses noyades et contredisant les bilans officiels axés sur l’immigration terrestre.