Guerre avec le Maroc : l’Espagne s’interroge sur ses alliés
La presse ibérique s’emballe sur un scénario improbable mais redouté : guerre contre le Maroc. Face à cette hypothèse, les observateurs doutent d’une intervention automatique de l’Otan pour protéger l’ensemble du territoire espagnol.
L’hypothèse d’une confrontation militaire avec Rabat agite les médias et les diplomates de l’autre côté du détroit. Dans une analyse livrée par La Razón, le quotidien rappelle que parapluie de l’Otan comporte une faille géographique majeureure. Si l’article 5 garantit une défense collective, l’article 6 exclut explicitement les enclaves de Ceuta et Melilla. Une agression sur ces terres nord-africaines nécessiterait un vote politique incertain du Conseil atlantique, là où une attaque visant les Canaries, les Baléares ou la péninsule déclencherait une riposte immédiate et obligatoire.
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Au-delà des textes juridiques, la solidarité européenne relèverait du calcul stratégique. Les États-Unis, soucieux de préserver leurs bases navales andalouses, et le Royaume-Uni, attaché à sécurité du détroit de Gibraltar, surveilleraient la zone de près. De son côté, la France chercherait un équilibre complexe entre ses relations privilégiées avec Rabat et sa coopération migratoire avec Madrid. D’autres partenaires comme le Portugal, l’Italie ou l’Allemagne privilégieraient la sécurité régionale face aux réseaux criminels. Toutefois, l’aide internationale se limiterait potentiellement à du renseignement ou de la logistique, sans aucun envoi de troupes au sol. Ironiquement, le renfort le plus franc pourrait venir des pays d’Europe de l’Est.
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Ce jeu d’alliances fluctuant réveille une angoisse tenace dans le pays. Le politologue Santiago Armesilla rappelle dans un podcast que l’histoire militaire nationale est jalonnée de luttes menées dans un grand isolement, de la guerre d’Indépendance au siècle dernier. L’expert prévient qu’en cas de crise face au voisin marocain, l’aide étrangère ne serait ni totale ni instantanée. Un constat amer qui l’amène à une conclusion limpide : « l’histoire démontre que l’Espagne a l’habitude de se défendre avec ceux qui veulent l’aider, et non avec ceux qui le devraient. »