Le Maroc, « la plus grande menace » pour l’Espagne
L’ancien chef d’état-major de la Défense espagnole a publiquement désigné le Maroc comme la principale menace pour son pays. Le militaire a profité d’un entretien récent pour livrer une analyse stratégique sans filtre.
Interrogé sur le plus grand ennemi auquel l’Espagne doit faire face, le général Fernando Alejandre s’est montré catégorique dans les colonnes de ABC. « Pour moi, il n’y a aucun doute. Nous avons une menace certaine et claire sur le flanc sud », a-t-il affirmé en ciblant l’Afrique du Nord, les places de souveraineté et les Canaries. Il assure que ses anciens collègues accordent une attention maximale à cette zone.
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L’officier s’inquiète particulièrement des relations grandissantes entre Rabat et Washington. « Le rapprochement entre les États-Unis et le Maroc est évident », souligne-t-il, précisant que cette dynamique ne le rassure pas. Bien qu’un transfert du bouclier antimissile de Rota vers le territoire marocain lui semble inenvisageable, un déplacement vers un autre pays du flanc sud causerait de sérieux tracas stratégiques à Madrid.
L’ancien responsable met également en avant la vulnérabilité des enclaves espagnoles. Selon lui, en cas d’agression contre Sebta et Melilla, obtenir le soutien des alliés via l’article 5 de l’OTAN serait « compliqué ». Il regrette amèrement que son pays ait manqué les occasions d’intégrer ces territoires dans le traité de Washington, arguant que des motifs légitimes le justifiaient pleinement.
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Enfin, le militaire fustige la politique gouvernementale et son slogan « non à la guerre », tout en déplorant l’absence de véritable culture de défense en Espagne. Il réclame une reconnaissance concrète et une revalorisation salariale pour les soldats, soulignant qu’ils peuvent difficilement accomplir leur mission en percevant une rémunération à peine supérieure au revenu minimum vital.