Menaces de Trump sur l’Espagne : Le Maroc en embuscade pour récupérer les infrastructures logistiques US

- 10h00 - Espagne - Ecrit par : Jalil Laamoudi

Le refus de l’Espagne d’autoriser l’usage de ses bases pour des frappes contre l’Iran provoque une crise majeure avec Washington. Dans ce bras de fer, le Maroc s’impose comme une alternative crédible pour accueillir les infrastructures militaires américaines en Méditerranée.

Donald Trump a vivement fustigé la décision de Madrid d’interdire l’accès aux bases de Rota et Morón pour des opérations contre Téhéran. Lors d’un échange avec le chancelier allemand Friedrich Merz, le président américain a qualifié l’attitude espagnole de « terrible » et a menacé de sanctions commerciales, tout en affirmant pouvoir utiliser ces installations sans autorisation préalable.

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Le gouvernement de Pedro Sánchez maintient sa position au nom du droit international et du multilatéralisme. Madrid refuse d’être complice d’opérations jugées contraires à ses intérêts et à ses valeurs. Ce positionnement marque une rupture profonde avec la stratégie de Washington, qui préconise désormais un alignement strict de ses alliés au sein de l’OTAN.

Dans ce contexte de crise, le Maroc se positionne comme le partenaire de rechange idéal. Le Maroc multiplie les signaux de fidélité envers l’administration Trump, intégrant le « Conseil de la Paix » et proposant des troupes pour la stabilisation de Gaza. Rabat continue également de faciliter le transit d’armements vers Israël, offrant une alternative logistique aux ports espagnols.

Le Maroc, nouveau pivot militaire des États-Unis en Méditerranée occidentale

Des analystes, cités par El Independiente , suggèrent que la Maison Blanche pourrait transférer ses bases logistiques de l’autre côté du détroit de Gibraltar. Le chercheur Michael Walsh estime que le Maroc est prêt à faire les concessions nécessaires pour devenir l’allié privilégié en Afrique du Nord, renforçant ainsi un équilibre stratégique déjà altéré dans la région.

Ce basculement diplomatique menace directement l’intégrité territoriale espagnole. Washington pourrait en effet être tenté de reconnaître la souveraineté marocaine sur Ceuta et Melilla, à l’instar de ce qui fut fait pour le Sahara occidental. Un tel soutien américain aux revendications de Rabat constituerait un levier de pression politique sans précédent contre le gouvernement Sánchez.

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Cependant, cette stratégie de rapprochement intensif avec Washington suscite de fortes tensions internes au Royaume. Seuls 13 % des Marocains soutiennent la normalisation avec Israël, selon l’Arab Barometer. Paradoxalement, une large partie de la population marocaine se reconnaîtrait davantage dans le discours de fermeté de Madrid que dans la diplomatie actuelle du Maroc, affirme la même source.

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