Hatim Azahri, le Marocain qui transforme les quartiers de Barcelone par le sport
Le Marocain Hatim Azahri a reçu le Prix Princesse de Gérone Social 2026. Fondateur de « Joves Units del Poble-Sec », il transforme les espaces délaissés de Barcelone en complexes sportifs gratuits pour favoriser l’inclusion des jeunes.
Hatim Azahri, 27 ans, a lancé son combat après avoir vu la police verbaliser des adolescents jouant au football dans une cour d’école faute d’alternatives. Arrivé en Espagne à l’âge de deux ans, il a transformé cette indignation en moteur pour fonder son association, visant à pallier l’absence criante d’équipements et de services d’accompagnement pour les jeunes dans le quartier populaire de Poble-sec, explique El Pais.
Sur Bladi.net : « Je dors dehors depuis 20 ans » : le parcours d’Ahmed, Marocain perdu dans les rues de Barcelone
Sa méthode repose sur une « traduction » efficace des besoins du quartier en langage administratif. En fournissant des dossiers techniques clés en main aux services municipaux, l’activiste a débloqué des investissements majeurs, dont 380 000 euros pour réaménager les jardins des Tres Chimeneas. Ce site, autrefois sous-utilisé, est devenu un pôle d’attraction intergénérationnel intégrant des terrains de basket et des zones de callisthénie.
Le succès de l’initiative se prolonge au Pavelló Italià, un vaste espace près de Montjuïc autrefois réservé à des événements sporadiques. Sous l’impulsion de l’association, ce bâtiment accueille désormais des entraînements réguliers pour tous les âges. Pour Hatim Azahri, il ne s’agit pas seulement d’infrastructure, mais de « faire de la politique de quartier » en luttant contre la précarité et l’isolement social par l’autogestion sportive.
Sur Bladi.net : Mort de cinq adolescents marocains en Espagne : ce que l’enquête a révélé
Le projet a acquis une telle légitimité qu’un nouveau complexe sportif municipal permanent est déjà programmé pour la fin de l’année 2026. L’activiste prévient toutefois qu’il continuera à « mettre sous tension » les administrations locales lorsque cela sera nécessaire, refusant de voir les inégalités territoriales et le manque d’espaces de convivialité devenir une norme acceptée dans sa ville.