Du nouveau pour le tunnel Maroc-Espagne
Le gouvernement espagnol a franchi une nouvelle étape dans le projet de liaison fixe entre l’Europe et le Maroc en confiant au Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC) une étude approfondie des fonds marins du détroit de Gibraltar.
Cette mission scientifique, dotée d’un budget de plus de 550 000 euros pour les exercices 2025 et 2026, se concentrera sur le seuil de Camarinal, une zone géologique complexe dont la maîtrise est jugée indispensable avant le lancement de la phase de construction du tunnel ferroviaire reliant l’Espagne au Maroc.
L’accord, officialisé fin décembre 2025, charge trois instituts spécialisés du CSIC (IGME, IEO et ICM) de mener une campagne océanographique de quinze jours au cours du premier semestre 2026. Les recherches, financées par la Société espagnole d’études sur les communications fixes (SECEGSA), visent à réduire les incertitudes techniques grâce à des relevés bathymétriques à haute résolution et des analyses du sous-sol marin par sondes paramétriques, indique Europa Sur. Ces données seront intégrées dans un modèle géologique en trois dimensions, outil essentiel pour planifier le forage par tunneliers (TBM) dans une zone caractérisée par des formations de flyschs particulièrement exigeantes.
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Ce projet de grande envergure bénéficie d’une collaboration internationale incluant l’Institut hydrographique de la Marine et le Service géologique des États-Unis (USGS). Outre les défis techniques, la mission devra respecter des protocoles environnementaux stricts, la zone étant classée comme Espace de conservation protégé (ZEC), notamment pour la préservation des populations d’orques. SECEGSA conserve la pleine propriété des résultats de cette étude, qui serviront de base aux futures décisions administratives et financières du projet bilatéral.
Cette initiative intervient après qu’une étude de faisabilité menée par la société allemande Herrenknecht a confirmé la viabilité technique d’un tunnel ferroviaire sous-marin. Le projet global, dont l’investissement total est désormais estimé à plus de 8,5 milliards d’euros, prévoit un horizon opérationnel situé entre 2035 et 2040. La phase initiale pourrait inclure une galerie de reconnaissance dont le creusement s’étalerait sur six à neuf ans. Relancé officiellement en 2023 par Madrid et Rabat, ce chantier constitue l’un des défis d’ingénierie les plus ambitieux de la décennie à l’échelle mondiale.