Un haut responsable espagnol qualifie Sebta et Melilla de « colonies » et réclame un référendum
Carles Puigdemont remet le statut de Sebta et Melilla au centre du débat espagnol. L’ancien président catalan qualifie les deux villes de « colonies » situées au Maroc et propose de soumettre leur appartenance à l’Espagne à un référendum.
Le dirigeant indépendantiste a pris position dans un entretien accordé au Sunday Times depuis Waterloo, en Belgique, où il réside toujours.
« Quel sens cela a-t-il qu’un pays de l’Union européenne possède deux colonies ou deux villes à l’intérieur du Maroc ? », s’interroge Carles Puigdemont à propos de Sebta et Melilla.
L’ancien président de la Catalogne estime également que la présence espagnole constitue, du point de vue marocain, « une blessure ». Il reprend ainsi en partie l’argument avancé par Rabat, qui considère les deux villes comme des territoires marocains occupés.
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La position de Puigdemont n’est pas totalement nouvelle. Dès 2021, il avait affirmé que le Maroc avait le droit de soulever la question de la souveraineté sur Sebta et Melilla. Sa nouvelle déclaration va toutefois plus loin en employant le terme de « colonies » et en proposant une consultation populaire.
Un référendum qui pourrait conforter l’Espagne
Le dirigeant de Junts reconnaît néanmoins que la population de Sebta se sent profondément espagnole. Selon lui, un référendum d’autodétermination permettrait justement de donner une légitimité démocratique à ce choix.
Sa proposition ne constitue donc pas un appel direct au rattachement des deux villes au Maroc. Elle vise officiellement à laisser leurs habitants décider, même si la manière dont Puigdemont présente leur situation remet en cause le discours de Madrid sur leur pleine appartenance historique à l’Espagne.
L’ancien président catalan relie directement cette question au combat indépendantiste de la Catalogne. Il affirme que Madrid refuserait d’organiser un référendum à Sebta ou Melilla par peur de créer un précédent susceptible d’être ensuite invoqué par les Catalans.
Ses déclarations surviennent alors que le statut des deux villes fait de nouveau polémique en Espagne. Quelques heures auparavant, une tribune publiée dans El País avait appelé Madrid à « rendre » Sebta et Melilla au Maroc, déclenchant de nombreuses réactions politiques.
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Les deux interventions ne défendent cependant pas exactement la même solution. La tribune propose une restitution négociée au Maroc, tandis que Puigdemont réclame un vote des habitants, dont il reconnaît lui-même l’attachement à l’Espagne.
Madrid considère pour sa part Sebta et Melilla comme des territoires espagnols dont la souveraineté ne peut être négociée. Un récent sondage montrait d’ailleurs que 77,1 % des Espagnols jugent les deux villes aussi espagnoles que les territoires de la péninsule.
Interrogé par El Español, Puigdemont replace ainsi Sebta et Melilla dans sa défense générale du droit à l’autodétermination. Mais en les qualifiant de colonies situées au Maroc, il ravive un débat particulièrement sensible en pleine crise entre Rabat et Madrid.