Imad, lauréat du concours général et fils d’ouvrier

- 00h00 - France - Ecrit par : L.A

Le jeune homme d’origine marocaine est primé en physique cinq ans après son frère, devenu normalien.

Le salon est impeccable, la disposition des meubles tirée au cordeau. Pas un grain de poussière sur les moelleux tapis orientaux, pas un objet laissé à l’abandon sur les tables sculptées, toutes protégées.

L’appartement de la famille Amri, niché dans une cité de Donzère (Drôme), est à l’image de leur mode de vie : sans place aucune pour l’à peu près et le laisser-aller. Une vie d’efforts couronnée aujourd’hui par l’exploit de leur benjamin. À 18 ans, Imad devient lauréat du concours général. Il reçoit cet après-midi un prix en physique de laboratoire. Cinq ans tout juste après son frère aîné, Taoufik, 24 ans, qui avait obtenu en 2002 le premier prix dans la même discipline.

Depuis qu’ils ont débarqué du Maroc, il y a 27 ans, Malika et Mohammed ont inculqué le goût du labeur et de la réussite à leurs trois garçons. Par la force de l’exemple d’abord : ouvrier arboricole, Mohammed, 57 ans, n’a pas ménagé sa peine dans les vergers de la vallée du Rhône pour montrer la voie à ses fils. « Il a énormément donné pour qu’on puisse réussir », confie Imad. Par la transmission de solides valeurs familiales ensuite. « Maman nous a toujours répété : travaille, comme ça tu auras un bon métier, une vie tranquille », sourit Imad.

Elle qui n’a jamais été à l’école a rêvé d’un avenir meilleur pour ses enfants. « Je voulais que mes fils profitent pleinement de ce que n’ai pas pu avoir », raconte cette mère au foyer de 46 ans. Jour après jour, elle a emmené et ramené ses petits de l’école, surveillé les devoirs, assisté aux réunions scolaires, gardienne bienveillante d’un quotidien rigoureux et protecteur. « Toujours derrière eux ! », résume-t-elle d’un rire cristallin.

Redoublant son CE1

L’éducation a porté ses fruits. Sages lunettes et sourire timide, Imad a tout du premier de la classe. Sans être pour autant un bûcheur acharné. « Je suis très attentif en cours, je retiens 90 % sur place », explique le jeune homme. Pour se préparer au concours général, il assure avoir juste feuilleté les annales des épreuves, histoire de « comprendre l’état d’esprit. » Autant de leçons enseignées par Taoufik : « J’essaie de lui donner les tuyaux pour réussir. »

Depuis toujours, Imad emprunte le chemin tracé par son frère. Comme son aîné, il a traversé les premières années de primaire avec difficulté, redoublant même son CE1. Trop lent, aux yeux des enseignants. Comme son aîné, il a délaissé la voie royale du bac S pour choisir un bac technologique. « Mes profs me poussaient. Mais je préfère aborder les concepts par l’expérience plutôt que par une démarche théorique, à la façon des grands physiciens », assure Imad. Comme son aîné, Imad récolte les 18 comme d’autres les médailles.

Tout rapproche les deux jeunes gens. Jusqu’à leur passion pour la science, qu’Imad a puisée dans les cahiers de Taoufik. « Quand j’étais plus jeune, il m’expliquait ses cours, me montrait ses exercices. » À quelques différences près. « Il est plus décontracté », tempère le plus jeune. « Il est plus posé, moins impulsif », rétorque l’aîné. Les frères Amri ont tous deux décroché un bac sciences et techniques de laboratoire avec mention très bien. En classe préparatoire à Paris à la rentrée, Imad espère continuer à imiter son aîné, qui après Normale Sup Cachan, intègre un DEA de physique quantique rue d’Ulm. En attendant, Imad a déjà récolté un couscous maison et un billet pour les vacances au Maroc. Avec en prime, un avertissement de Taoufik : « Il n’a pas intérêt à dormir sur ses lauriers ! »

Le Figaro - Anne-Noémie Dorion

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