L’incivisme gâche le quotidien des Marocains
S’il y a un défi que le Maroc doit relever avant la tenue de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) et de la coupe du monde 2030 qu’il organise en compagnie de l’Espagne et du Portugal, c’est bien celui de bannissement de l’incivisme, un fléau quotidien. Une enquête réalisée en mai révèle que le phénomène s’est répandu dans le royaume.
Selon un sondage du Centre marocain pour la citoyenneté (CMC) réalisé auprès d’un millier de personnes, 70 % des sondés alertent sur le harcèlement des femmes tandis que 60 % s’alarment des infractions au Code de la route. Seuls 3 % des Marocains estiment que le niveau de civisme dans l’espace public est élevé. « On vit dans l’anarchie. Il n’y a pas de respect. S’il y en avait, tout ça n’existerait pas », déplore Nawal qui habite à quelques mètres, avec ses deux enfants, dans un appartement situé juste au-dessus d’un bar. Et d’ajouter : « La nuit, il y a des bagarres, les gens urinent dans la rue. Ça klaxonne tout le temps. Qu’est-ce que tu peux attendre de la nouvelle génération qui grandit dans cet environnement ? »
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La majorité des sondés dénoncent également le manque de propreté. « Les gens jettent leurs mégots, les épluchures de fruits, les emballages. Eux, ils jettent et moi, je ramasse. Je ne peux pas faire autrement. Moi, je suis gardien. À l’origine, mon travail, c’est juste de surveiller la porte », déplore Mohammed, gardien d’un vieil immeuble des années 1930 auprès de RFI. Mais Mohammed se voit contraint de faire également le ménage. Une situation qu’il vit mal : « Je souffre, je suis fatigué. Ce n’est pas normal, c’est la honte, franchement. »
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Les médias marocains ont largement abordé le sujet : ses causes et les mesures qui permettraient d’améliorer la situation. Selon eux, si rien n’est fait, c’est le « soft power » du Maroc qui risque d’être entravé lors de la tenue de la CAN 2025 et du Mondial 2030.