Insolite : pour éviter la prison, des élus marocains négocient les pots-de-vin au Hammam
L’imagination des corrompus est sans limite. Traqués par les services de sécurité et effrayés par les écoutes téléphoniques, des présidents de communes ont trouvé une nouvelle "planque" pour négocier leurs commissions illégales : la vapeur des bains turcs. Le ministère de l’Intérieur a ouvert une enquête sur ces pratiques stupéfiantes.
C’est une information qui prête à sourire si elle n’était pas aussi grave. Selon des rapports des services des Affaires intérieures transmis aux préfectures de Casablanca, Marrakech et Rabat, plusieurs élus locaux ont délaissé les bureaux et les cafés pour… les hammams. L’objectif ? Échapper aux caméras cachées, aux téléphones portables et aux pièges de la « Ligne verte » de dénonciation de la corruption.
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D’après des sources informées citées par Hespress, la multiplication des révocations et des poursuites judiciaires contre les élus indélicats a créé une paranoïa chez certains présidents de communes. Pour continuer leur business illégal sans laisser de traces, ils organisent désormais leurs rendez-vous d’affaires dans des bains turcs. Dans ces lieux où la nudité est de mise et où l’électronique est bannie, ils se sentent à l’abri des enregistrements audio ou vidéo qui pourraient briser leur carrière politique à l’approche des prochaines élections.
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Mais que négocie-t-on entre deux gommages ? Principalement le déblocage des factures. Les rapports pointent du doigt une pratique de “racket” institutionnalisé : des entrepreneurs, ayant pourtant achevé leurs travaux, voient leurs paiements bloqués indéfiniment. Le sésame pour obtenir la signature du président ? Une commission versée « en liquide » et négociée discrètement. Certains élus vont plus loin en créant des sociétés écrans ou en attribuant des marchés fictifs à des proches, détournant ainsi les fonds publics et les prêts du Fonds d’équipement communal (FEC) censés financer la mise à niveau urbaine.
Face à ces révélations “choquantes”, les services centraux du ministère de l’Intérieur sont en alerte. Le ministre Abdelouafi Laftit a donné des instructions fermes aux walis et gouverneurs pour accélérer le règlement des contentieux et surveiller de près ces manœuvres. Les dossiers s’accumulent et la justice, notamment les chambres des crimes financiers, pourrait bientôt siffler la fin de la récréation pour ces élus adeptes des réunions en tenue d’Adam.