Maroc : des hauts responsables interdits de quitter le territoire
La justice marocaine enquête sur la transformation illégale d’un complexe social financé par l’Initiative nationale pour le développement humain en hôtel privé à Sidi Kacem. Huit hauts responsables du Gharb sont désormais interdits de quitter le territoire.
Huit hauts responsables, élus et fonctionnaires de la région du Gharb, ont été interdits de quitter le territoire marocain par la justice. Cette décision, prise par la juge d’instruction chargée des crimes financiers à la Cour d’appel de Rabat, s’inscrit dans une vaste enquête pour corruption concernant le détournement d’un projet social à Sidi Kacem.
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Au cœur du dossier se trouve la transformation d’un complexe social, financé par l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et initialement destiné à la protection de l’enfance. Le projet a été converti en un hôtel privé avec un bar, construit sur un terrain d’un hectare et demi. Cette conversion aurait été réalisée sans les autorisations requises et à l’aide de « documents falsifiés », malgré l’opposition d’un comité d’étude dès 2018.
L’affaire a éclaté suite à une plainte déposée par le parlementaire Abdellah El Hafid. L’enquête, menée par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), a duré plusieurs semaines et a impliqué l’audition de plus de 60 personnes. La Cour des comptes a par la suite ajouté une plainte supplémentaire au dossier.
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Les huit responsables sont désormais poursuivis pour des chefs d’accusation incluant « détournement et dilapidation de fonds publics », « construction sans autorisation » et « falsification de documents officiels ». Parmi les mis en cause figurent l’actuel président du conseil provincial de Sidi Kacem, ainsi que plusieurs anciens élus et hauts responsables de la région.