Maroc : 300 élus locaux poursuivis pour crimes financiers, un record sous Laftit

- 13h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Cette année, le ministère de l’Intérieur a déjà engagé des poursuites judiciaires à l’encontre de 300 élus locaux impliqués dans des crimes financiers. Une démarche qui s’inscrit dans une politique de moralisation de la vie publique et de transparence.

Dans le détail, 52 présidents de communes, 57 vice-présidents, ainsi que 69 anciens présidents et 124 conseillers communaux sont poursuivis en justice cette année pour des délits financiers, contre 43 présidents de communes, 49 vice-présidents et 22 anciens présidents, soit au total 137 élus en 2024, selon un rapport du ministère de l’Intérieur, transmis aux membres de la commission de l’Intérieur à la Chambre des représentants. « Sous l’égide du ministère de Laftit, cette action a atteint un niveau inédit en matière de mise en cause d’élus », fait savoir Assabah.

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Ces procédures font l’objet d’un suivi rigoureux de la part de la Direction générale des collectivités territoriales (DGCT). Les élus concernés s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à leur radiation des listes électorales. Déjà 216 demandes de révocation concernant des élus poursuivis devant les tribunaux administratifs ont été examinés par la DGCT. Le ministère de l’Intérieur entend ainsi soutenir les gouverneurs des préfectures et provinces dans l’application des décisions de justice relatives à la révocation des membres de conseils communaux soupçonnés de fraudes ou de crimes financiers.

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Les autorités judiciaires marocaines, en coordination avec l’Agence judiciaire du Royaume et s’appuyant sur une récente instruction du ministère de l’Intérieur, ont ordonné la dissolution de huit conseils communaux pour cause de mauvaise gestion. « Parallèlement, 63 membres de conseils communaux, comprenant 20 présidents, 36 vice-présidents et 7 membres siégeant au sein de chambres professionnelles, ont été destitués », informe le quotidien, ajoutant que 50 missions d’audit ont été réalisés à fin septembre 2025, dont l’une porte sur les opérations financières et comptables des communes et deux autres sont relatives à l’audit de programmes financés par la Banque mondiale.

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Certaines de ces missions ont été menées par les préfectures et provinces et par les conseils régionaux. Des commissions mixtes, comprenant l’Inspection générale de l’administration territoriale et l’Inspection générale des finances, ont examiné les aspects liés à la gouvernance, à la gestion et à l’exécution des opérations financières et comptables, tant au niveau des régions et des préfectures que des provinces.

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