L’Italie et l’Espagne se déchirent, les Marocains trinquent
Les Marocains résidant en Italie qui voyagent vers l’Espagne doivent désormais garder passeport et titre de séjour à portée de main. Depuis ce samedi 8 août, Madrid a rétabli des contrôles dans les ports et aéroports pour les voyageurs arrivant d’Italie.
La mesure est entrée en vigueur à minuit et doit rester appliquée jusqu’au 7 septembre. Les contrôles ne concernent pas systématiquement tous les voyageurs : ils doivent être effectués de manière aléatoire dans les aéroports et ports espagnols sur les arrivées en provenance d’Italie.
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Pour les citoyens italiens, les autorités vérifieront principalement l’identité et les documents de voyage. Mais une vérification supplémentaire est prévue pour les ressortissants de pays tiers. Les Marocains établis en Italie entrent précisément dans cette catégorie : la police espagnole pourra leur demander leur passeport ainsi que leur visa ou leur titre de séjour.
Concrètement, un MRE qui prend un vol Milan-Barcelone ou Rome-Madrid peut donc être contrôlé à son arrivée. S’il possède un passeport marocain et un permis de séjour italien en cours de validité, rien ne change concernant son droit de voyager : il n’a pas besoin de demander un visa espagnol pour un court séjour.
Les règles Schengen permettent en effet au titulaire d’un titre de séjour délivré par un pays de l’espace Schengen de se rendre dans un autre État membre pour une durée maximale de 90 jours sur une période de 180 jours. Le changement concerne surtout le retour effectif des vérifications, alors que ces documents étaient rarement demandés lors d’un déplacement entre l’Italie et l’Espagne.
Cadena SER confirme que les autorités espagnoles vérifieront notamment le visa ou le permis de séjour des ressortissants de pays tiers sélectionnés pour un contrôle.
Attention au permis de séjour en renouvellement
La situation est plus délicate pour les MRE dont le permis de séjour italien a expiré et qui attendent son renouvellement.
Un Marocain peut, par exemple, disposer de son passeport, de son ancien « permesso di soggiorno » expiré et de la « ricevuta », le récépissé délivré après le dépôt de sa demande de renouvellement. Ce document permet de prouver que la procédure est en cours en Italie, mais il ne place pas son titulaire dans la même situation qu’un voyageur disposant d’un titre de séjour italien valide lorsqu’il veut circuler dans un autre pays Schengen.
Exemple : un Marocain vivant à Milan dont le permis a expiré en juin prend un vol pour Barcelone avec son récépissé de renouvellement. À son arrivée, la police espagnole peut désormais vérifier ses documents. Il devra alors justifier sa situation alors qu’il ne peut pas présenter la carte de séjour valide normalement prévue pour circuler entre deux pays Schengen.
Les MRE concernés doivent donc être particulièrement prudents avant un déplacement vers l’Espagne tant que leur nouveau titre n’a pas été délivré.
La décision espagnole intervient en pleine confrontation avec Rome. L’Italie avait elle-même rétabli des restrictions à l’encontre des ressortissants de pays tiers arrivant d’Espagne après les passages massifs enregistrés à Ceuta. Le gouvernement de Giorgia Meloni a annoncé vendredi qu’il maintiendrait son dispositif au moins jusqu’au 15 août.
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Madrid a répondu en appliquant à son tour des contrôles aux voyageurs venant d’Italie, mais pour une période beaucoup plus longue : jusqu’au 7 septembre, sauf modification anticipée de la mesure.