« Jusqu’à la fin des temps » contre « pas un centimètre » : le bras de fer du Maroc et de l’Espagne sur Ceuta
Ceuta et Melilla resteront espagnoles « jusqu’à la fin des temps », promet Pedro Sánchez. Le même jour, Nizar Baraka affirme que le Maroc ne reculera « pas d’un centimètre ». Les deux partenaires affichent désormais publiquement des positions territoriales totalement opposées.
Le ton monte encore entre Madrid et Rabat autour de Ceuta. Alors que Pedro Sánchez venait de fixer des « lignes rouges » au Maroc devant le Parlement espagnol, un deuxième ministre marocain a publiquement réaffirmé la revendication du Royaume sur la ville.
Devant les députés, le chef du gouvernement espagnol a assuré que l’intégrité territoriale de l’Espagne ainsi que la souveraineté nationale sur Ceuta et Melilla seraient toujours défendues.
« Ceuta et Melilla sont espagnoles et le resteront jusqu’à la fin des temps », a déclaré Pedro Sánchez, selon Euronews.
Cette déclaration intervenait lors d’un débat consacré à la crise migratoire du 30 juillet et à la gestion des relations avec le Maroc. Pedro Sánchez a continué de défendre une politique de bon voisinage avec Rabat, tout en prévenant que la souveraineté des deux villes constituait une limite infranchissable.
Quelques heures plus tard, Nizar Baraka a employé une formule presque symétrique.
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Le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, également secrétaire général du parti de l’Istiqlal, s’exprimait lors d’un rassemblement de sa formation politique.
« Que devons-nous dire à notre voisine l’Espagne après ce qui s’est passé à Ceuta ? Ils nous ont dit qu’ils considéraient que leur sécurité nationale avait été affectée », a-t-il lancé devant les militants.
« L’Espagne est un partenaire essentiel, mais… »
Nizar Baraka a ensuite réaffirmé l’importance de la coopération entre les deux pays, avant de fixer à son tour une limite.
« Nous le disons en toute franchise : l’Espagne est pour nous un partenaire essentiel, mais nous ne reculerons pas d’un seul pouce de notre territoire national », a-t-il déclaré, rapporte Europa Press.
L’expression espagnole rapportée par l’agence, « ni un solo palmo », signifie littéralement que le Maroc n’entend céder aucune parcelle du territoire qu’il considère comme le sien.
Le responsable marocain n’a pas prononcé le nom de Ceuta dans cette dernière phrase, mais toute son intervention portait sur la crise de la ville et la revendication territoriale marocaine. Europa Press présente donc ses propos comme une nouvelle affirmation des prétentions du Maroc sur Ceuta.
Cette sortie prend une dimension particulière en raison des fonctions exercées par Nizar Baraka. Elle a cependant été prononcée devant l’Istiqlal, parti historiquement très attaché aux questions d’intégrité territoriale, et non dans le cadre d’un communiqué diplomatique officiel du gouvernement marocain.
Il s’agit néanmoins du deuxième ministre marocain à remettre publiquement le dossier sur la table en quelques semaines.
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Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, avait déjà défendu les droits « historiques et géographiques » du Maroc sur Ceuta et Melilla. Il avait proposé que l’avenir des deux villes fasse l’objet d’un dialogue avec l’Espagne.
Madrid avait alors opposé un refus catégorique, affirmant que la souveraineté de Ceuta et Melilla n’était pas négociable. Les déclarations de Nizar Baraka montrent que cette réponse n’a pas conduit les responsables marocains à abandonner publiquement leur revendication.
Le contraste entre les deux discours est désormais total. Pedro Sánchez assure que Ceuta restera espagnole « jusqu’à la fin des temps ». Nizar Baraka répond que le Maroc ne reculera « pas d’un seul pouce » sur ce qu’il considère comme son territoire national.
Les deux pays continuent parallèlement de se présenter comme des partenaires essentiels dans les domaines économique, sécuritaire et migratoire. Mais sur le statut de Ceuta et Melilla, leurs positions restent irréconciliables.