Larbi Batma

- 15h17 - Chanteurs Marocains - Ecrit par : Mohamed A.

Disparu en 1998, Larbi batma a toujours été considéré comme le chouchou du public. Son frère Rachid raconte qu’il recoit encore les condoléances d’anonymes, touchés dans leur chair par sa disparion survenue par trop tôt (il n’avait que 50 ans).

Ses influences musicales ? Larbi Batma les a puisées pendant son enfance dans les moussems de sa région Abda oulad El masnaoui.. Homme secret, il ne quittait jamais son crayon, car il concevait l’ecriture comme un art de vivre. Il a ainsi concu un poème inédit de 21000 vers "al houmam al houssam" qu’il écrivit pied sur pied tout au long de sa vie.. Amoureux du mot et de la rime, il flairait et respectait le talent.

La célébre chanson "siniya" a eu une histoire particulière avec lui, très significative quant à la curiosité et au flair de ce visionnaire. C’est l’histoire de Ba Salem , un mendiant qui parcourait le Hay Mohammadi en chantonnant les premiers vers de "siniya" : walli macheftouni rahmou alia, bahr el ghiwane ma dkhaltou belâani..Larbi qui écoutait les premières strophes l’invita chez lui et discuta longuement avec lui. C’est de cette manière que furent composées les grandes lignes de cette chanson.

Atteint d’un cancer , il vécut les affres de la magouille d’un certain corps médical comme il le raconte dans la deuxième partie de son autobiographie "el alem". C’est ainsi que l’amertume s’emparera de Larbi, et sa voix mélodieuse sera à jamais condamnée. En dehors du groupe, il était aussi acteur et, écrivain de littérature et de théâtre , ce qui fera de lui la figure emblématique du groupe. "ce qui m’avait frappé chez cet homme, c’était sa constance ; il était exactement le même au Hay Mohammadi, son quartier, ou au Club Med d’Agadir, au milieu des touristes, ou même au festival de Cannes, où nous étions partis ensemble représenter "el hal" (long-métrage retracant l’itinéraire du groupe), Batma restait tel que nous le connaissions", raconte Ahmed El Maânouni, réalisateur de "el hal".

Son autobiographie en 2 parties, Arrahil (Le Voyage) et Al-Alam (La Souffrance) publiée en langue Arabe est un témoignage sur la vie vue à travers les yeux d’un génie incompris et méprisé. Depuis son décès, son frère Rachid a repris le flambeau au sein de Nass El Ghiwane, lui rendant hommage au début de la chanson "Ghir Khoudouni" à chaque apparition du groupe.

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