Le Maroc exprime sa solidarité avec le peuple syrien

- 07h13 - Monde - Ecrit par :

Le Conseil de sécurité s’est séparé dimanche soir sans pour autant voter le projet de résolution déposé par la Syrie, visant à condamner Israël après son raid en territoire syrien, le premier depuis 1974.

La Syrie a demandé dimanche la réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies donnant l’occasion à une trentaine d’orateurs, à l’exception de celui des Etats-Unis, de condamner le raid israélien et de souligner les risques qu’il faisait courir à la paix et la sécurité internationales.

Le Royaume du Maroc a, pour sa part, condamné vigoureusement l’agression israélienne perpétrée contre la Syrie et exprimé sa solidarité avec ce pays frère.
Selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, « il s’agit là d’un acte inacceptable, en violation flagrante du droit international, et aux conséquences imprévisibles pour la sécurité et la stabilité de toute la région.

Cette agression constitue une nouvelle et dangereuse escalade qui compromet sérieusement tous les efforts déployés par la communauté internationale pour apaiser une situation déjà fortement préoccupante et grave. Le Royaume du Maroc exprime également « sa pleine solidarité avec la République arabe syrienne dont la souveraineté a été violée ».

Il est sûr que la Syrie est actuellement l’objet d’une campagne d’intimidation et de guerre psychologique de la part des Etats-Unis et d’Israël. Washington et Londres avaient déjà averti la Syrie qu’elle allait devoir adapter son comportement aux « nouvelles réalités » de la région. Pour crédibiliser cet avertissement, les Américains ont coupé le pipeline qui relie l’Irak à la Syrie.

Cette campagne est motivée par les craintes de Washington concernant l’avenir de sa présence en Irak. En en fait, Washington a peur d’être confrontée à une résistance semblable à ce qu’a connue Israël au Liban. Cela entamerait leur projet expansionniste et éroderait le soutien populaire à l’intérieur du pays. Or, pour que cette résistance irakienne s’organise, elle a besoin d’une aide étrangère, qui pourrait bien être la Syrie.

Les menaces proférées à la Syrie signifieraient une interdiction faite à Damas de se mêler de la crise irakienne ou la question palestinienne.
En autorisant le bombardement par Tsahal de « la prétendue-base terroriste » située à quinze kilomètres au nord-ouest de Damas, Ariel Sharon et son ministre de la Défense Chaoul Mofhaz ont d’abord voulu marquer de manière spectaculaire le début des représailles israéliennes à l’attentat de Haïfa. En effet, poussés par une opinion publique chauffée à blanc, les deux hommes ont décidé d’accroître l’ampleur habituelle de la riposte de Tsahal et d’en étendre la portée à les foyers supposés abriter des combattants palestiniens ou ailleurs ».

Certes ce raid, survenu dimanche à l’aube, a une portée plus symbolique que stratégique puisqu’il n’a causé que des dégâts matériels et que deux personnes à peine ont été légèrement blessées. Cependant, en frappant au cœur de la Syrie un camp du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), l’Etat hébreu a voulu montrer qu’il ne prendrait désormais plus de gants pour « aller chercher les combattants palestiniens là où ils se trouvent ».

Ariel Sharon et Chaoul Mofhaz ont surtout voulu transmettre un message au régime syrien, qu’ils présentent à tort ou à raison comme l’un des suppôts du « terrorisme international » et comme « un Etat abritant le siège de onze organisations terroristes palestiniennes » parmi lesquelles le Jihad islamique.

Dans l’entourage d’Ariel Sharon, on jure que ce raid ne sera pas le dernier. C’est, en fait, toute une région qui risque de s’embraser. Car à côté de l’affrontement israélo-palestinien, le conflit israélo-syrien est relancé et la situation dégénère en Irak en plus de la confrontation qui se dessine entre l’Iran et l’Occident au sujet du programme nucléaire de Téhéran.

Bref, un contexte régional qui accroît le pessimisme face à l’immobilisme injustifié de la communauté internationale.

Mustapha Moulay pour lematin.ma

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