Le Maroco-italien Aboulkacem Britel devant le juge

- 05h50 - Monde - Ecrit par :

La Chambre criminelle près la cour d’appel de Rabat devait rendre hier en fin d’après-midi son verdict dans le procès de Aboulkacem Britel, un Marocain naturalisé italien, né en 1967 et marié à une Italienne. A. Britel est accusé de “constitution d’association criminelle en vue de perpétrer des actes terroristes dans le cadre d’un projet collectif visant à porter atteinte à l’ordre public et de réunions et d’activités illégales”.

Lors de l’ouverture du procès, l’avocat du prévenu, M. Zahrach a présenté à la cour une première requête lui sollicitant que son client soit jugé en état de liberté provisoire. Il s’est basé en cela sur le fait que la date de l’arrestation du suspect, survenue ne correspond pas au 16 mai, celle indiquée dans le P.V du juge d’instruction, à savoir le 16-9-2003. L’avocat a présenté par la même occasion plusieurs vices de forme notamment concernant la garde à vue. La cour qui a refusé la première requête a considéré que le dossier était prêt et décidé de poursuivre l’audience.
Comme l’a précisé M. Zahrach dans sa plaidoirie, Aboulkacem Britel a été arrêté le 10 mars 2002 au Pakistan. Il a été interrogé après, par les autorités pakistanaises et américaines notamment sur la liberté du culte et de la religion. Il a été remis aux services marocains concernés le 24 mai de la même année, puis placé dans une prison secrète à Témara, comme il l’a lui-même affirmé devant le juge. Il a été libéré le 11 février 2003 sous la condition sine qua non de demeurer définitivement au Maroc. Un pacte qu’il n’a pu respecter car il a souhaité rejoindre sa femme en Italie.
Etant naturalisé italien, l’ambassade italienne au Maroc lui a fourni des papiers qui lui permettaient de regagner l’Italie. Quatre jours avant le 16 mai, il a tenté effectivement de s’y rendre via le port de Beni Nsar à Nador. Sa dernière tentative aura été celle du 16 mai où il a été arrêté par les autorités marocaines. Depuis cette date, il a disparu de la circulation. Sa famille a dû déposer plusieurs plaintes devant le ministre de la Justice, les procureurs du Roi près la cour d’appel de Casa et de Fès, auprès des organisations de droits de l’Homme marocaines et devant la Fédération internationale des droits de l’Homme. Selon sa famille, Aboulkacem aurait été placé à nouveau dans la prison secrète de Témara avant de réapparaître récemment.
Appelé devant la barre, le prévenu a récusé tous les faits qui lui sont reprochés. Il a nié avoir été en Afghanistan et visité le camp de Farouk relevant d’Al Quaïda, d’avoir suivi un stage d’utilisation de roquettes et d’avoir offert 20.000 dh à un certain Abou Baraa qui collectait des fonds au profit des Moujahidine de Bosnie, Tchétchénie et Afghanistan, comme le stipule le P.V .
Toujours selon ce P.V, Britel serait devenu membre de la Jamaâ Al Islamia Al Moujahida Al Marghibia et d’avoir assisté à des cours que donnait Mohamed Fizazi au centre culturel islamique à Milano. Chose qu’il a également niée de la même manière qu’il a réfuté toutes les informations figurant dans le P.V. Un P.V qu’il affirme avoir signé sous le coup de la torture. “Si vous ne signez pas, on vous ramène à la prison”, lui aurait-on signifié. Sa femme affirme que son mari a été au Pakistan pour collecter des fonds en vue de financer la traduction de l’œuvre de Ibn Koutaïr.
A l’heure où nous nous mettions sous presse, le parquet allait présenter son réquisitoire avant que la cour ne dispose pour délibérer et rendre le verdict.

Amina SALHI

Libération, Maroc

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