Les raisons du soutien français

- 14h37 - France - Ecrit par :

« La France souhaite ardemment une solution au conflit du Sahara, qui constitue un frein à la construction d’un Maghreb uni. Nous plaidons en faveur d’une solution politique réaliste et durable, agréée entre les parties, solution qui prenne en compte les intérêts du Maroc et la stabilité régionale.

Il est important que les discussions se poursuivent dans la perspective fixée dans la résolution 1495 du Conseil de sécurité de l’ONU », a déclaré le Président Chirac dans un entretien à la presse marocaine, publié le jour de son arrivée au Maroc où il effectue sa première visite d’Etat.

Et d’ajouter : « Mais il va de soi que le Conseil de sécurité ne peut imposer de solution dans ce conflit : c’est aux parties de trouver la voie d’un règlement et il revient à la communauté internationale de les encourager dans ce sens. » Les officiels marocains sont doublement satisfaits. Paris appuie la position marocaine concernant le Sahara à partir du moment où il ne fait nullement référence au droit des Sahraouis à l’autodétermination. De plus, en juillet dernier, Paris s’est opposé au Conseil de sécurité à Washington qui a cherché à imposer une solution ­p ; le plan Baker nouvelle version ­p ; que Rabat a qualifié d’« inacceptable ». Derrière ce bras de fer franco-américain, il y a le sous-sol saharien où Total est en concurrence avec l’américain Kerr McGee. Mais pas que cela. La France, explique Jacques Chirac, « encourage ses amis (Tunis, Alger et Rabat, ndlr) à bâtir un avenir commun à travers la construction maghrébine ». Et pour ce faire, le Président français participera au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du « dialogue 5+5 » qui aura lieu en décembre à Tunis, souhaitant que ce sommet puisse contribuer à la construction maghrébine.

Un Maghreb uni, un marché maghrébin unique à l’instar de ce qui s’est fait en Europe, sous-tendu par le partenariat euro-méditerranéen, permettrait de dépasser, selon Paris, les litiges frontaliers nés de la décolonisation. En attendant, la diplomatie marocaine active. Selon la presse marocaine, les autorités de ce pays ont lancé une vaste offensive diplomatique pour défendre leurs thèses sur la marocanité du Sahara en direction de l’Amérique latine. Une offensive qui, à en croire les médias locaux, paraît avoir marqué des points sur ce dossier. Le roi Mohammed VI s’est investi personnellement.

En marge des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, il a eu un entretien de 30 minutes avec le président Bush, lequel a assuré que Washington n’imposera pas de solution à la crise du Sahara au Conseil de sécurité ! De même qu’il a rencontré le Président Bouteflika avec qui le principe d’une rencontre au sommet a été arrêté. Pour les observateurs marocains, cette diplomatie active a permis de faire avancer les thèses marocaines sur le Sahara. La France n’a donc pas ménagé ses efforts en faveur des thèses marocaines. De ce fait, la réaction algérienne sera attentivement examinée par Rabat et Paris désormais sur la même longueur d’onde sur ce dossier. D’autant, affirment certains journaux marocains, Jacques Chirac ne serait pas tout à fait étranger à la rencontre au sommet entre Bouteflika et Mohammed VI.

De cette rencontre qui devrait avoir lieu avant la fin de l’année, Paris escompte donc des avancées sur le dossier du Sahara et à terme une réouverture des frontières entre les deux pays. Les Français considèrent, en outre, que les deux pays font face à une même menace terroriste, et qu’il n’y a pas de raison qu’ils mettent de côté leurs divergences pour se consacrer à un terrorisme islamiste qui menace la stabilité régionale. A suivre.

Hassane Zerrouky - Le Matin Algérie

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