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Maghreb : Une union qui sent la poudre !

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13 avril 2007 - 00h11 - Monde

La 2ème semaine d’avril est un thriller de bombes et de cadavres déchiquetés. Les Maghrébins, de Rabat à Tunis, s’en seraient volontiers passés. Hasard de calendrier ou actions terroristes concertées ? Après les attentats du 10 avril à Casablanca, Alger est frappée à son tour. Deux attentats quasi-simultanés se sont produits le 11 avril dans la capitale algérienne.

L’un près du commissariat de police de Bab Ezzouar dans la banlieue-est. L’autre, à la voiture piégée, a ciblé le palais du gouvernement au centre d’Alger. Bilan provisoire, 23 morts et 162 blessés selon la Protection civile algérienne.

Toujours est-il que les services de sécurité tunisiens ont démantelé, entre le 23 décembre et le 3 janvier près de Tunis, une cellule terroriste composée de 27 intégristes. Ces derniers ont pénétré la Tunisie par la frontière algérienne !

« Le passage de GSPC, le 11 septembre 2006, à Al Qaïda du Maghreb islamique, semble peu fondamental. Force est de constater le rapprochement substantiel avec d’autres groupes salafistes jihadistes maghrébins », analyse Jean-Luc Marret, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique. Cynique réalité : pour les terroristes, l’union du Maghreb est déjà en marche. Relativisons tout de même, car plusieurs thèses s’affrontent !

« Leur schéma d’action s’atomise. Les intégristes ont une idéologie commune, le salafisme jihadiste. Mais il n’existe pas de liens logistiques. Les connecxions entre les cellules ne sont pas établies avec certitude », commente à L’Economiste, Hichem Ben Yaïche, spécialiste du Maghreb à l’IRIS. Les derniers rebondissements de la lutte antiterroriste confirment une chose. La radicalisation des attentats terroristes. « On assiste à un tournant dans le mode opératoire : la gratuité des explosions des kamikazes. Mais je n’adhère pas à la thèse officielle d’un terrorisme aux racines locales », explique Mohammed Darif, politologue, spécialiste des mouvements intégristes.

Certes la psychose s’installe. Mais il ne faut pas céder. La guerre antiterroriste est avant tout une guerre de nerf. « L’attentat–suicide permet à son auteur de ne pas divulguer des informations aux enquêteurs. Mais aussi de propager une terreur psychologique », précise Najib Mouhtadi, directeur du Laboratoir de communication politique à Mohammédia. Une terreur amplifiée par les échos des médias. « Les terroristes exploitent la communication. En annonçant la naissance d’Al Qaïda du Maghreb islamique, ils cherchent surtout un effet médiatique », précise Ben Yaïche.

Cette recrudescence des affrontements va certainement accélérer la coopération des services de renseignements. L’échange d’informations est un atout pour prévenir d’éventuels attentats. « Infiltrer les milieux terroristes ne suffit pas. Encore faut-il comprendre leur psychologie, leur mentalité… Un kamikaze est quelqu’un de schizophrène », explique Darif. Un pied ici-bas et l’autre dans l’au-delà.

Finalement, le Maghreb sécuritaire prends le pas sur le Maghreb politique. Le cauchemar, plus que le rêve, unifie les Africains du Nord.

L’Economiste - Faiçal Faquihi

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