Le Mali se rapproche de l’Algérie, mais choisit le Maroc sur le dossier le plus sensible

- 08h00 - Monde - Ecrit par : Farid Laamoudi

Bamako rétablit ses relations avec Alger sans revenir sur son virage diplomatique en faveur du Maroc. À New York, le Mali vient de réaffirmer son soutien au plan d’autonomie pour le Sahara.

En quelques semaines, le Mali a envoyé deux messages très différents à ses voisins du Maghreb. Il a renoué le dialogue avec l’Algérie après une grave crise diplomatique, puis réaffirmé face à Nasser Bourita son soutien à la position marocaine sur le Sahara.

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Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a confirmé cette ligne après sa rencontre avec son homologue marocain à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Bamako considère le plan d’autonomie comme la seule base « sérieuse et crédible » pour régler le conflit et estime qu’une autonomie sous souveraineté marocaine constitue la solution « la plus réaliste », rapporte la Map.

Cette position remonte au 10 avril 2026. Le Mali avait alors retiré sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique et abandonné une ligne historiquement défendue par Alger. Il rejoint ainsi les pays qui privilégient le plan d’autonomie présenté par le Maroc.

Bamako sépare désormais les dossiers

Ce choix n’empêche pourtant plus le rapprochement avec l’Algérie. Les relations s’étaient brutalement dégradées après la destruction d’un drone militaire malien près de la frontière algérienne en avril 2025. Les ambassadeurs avaient été rappelés et les espaces aériens fermés.

La désescalade s’est accélérée cet été. Les ambassadeurs ont repris leurs fonctions, les restrictions aériennes ont été levées et le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga s’est rendu à Alger le 24 août. Son homologue algérien Sifi Ghrieb lui a rendu la visite à Bamako le 14 septembre. Le gouvernement malien présente cette séquence comme une « nouvelle dynamique » de coopération.

Bamako sépare donc clairement ses priorités. Avec Alger, il veut rétablir le dialogue frontalier, sécuritaire et économique. Avec Rabat, il consolide un rapprochement diplomatique déjà visible dans la coopération militaire et l’accès des pays du Sahel à l’Atlantique.

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Abdoulaye Diop ne s’est pas contenté de rappeler la position adoptée en avril. À New York, il a souhaité que la session de l’Assemblée générale permette d’avancer vers la mise en œuvre de l’initiative marocaine. Le Mali ne soutient donc plus seulement le principe de l’autonomie : il demande désormais qu’elle progresse dans le cadre des Nations unies.