Mandat d’arrêt contre Tariq Ramadan : Pourquoi la justice française refuse le report
La justice française a émis vendredi un mandat d’arrêt international contre Tariq Ramadan, absent à son procès pour raisons de santé. Ses avocats ont quitté l’audience, dénonçant une « parodie de justice » après le rejet de leur demande de report.
La Cour criminelle départementale de Paris a ordonné l’arrestation de l’islamologue de 62 ans, hospitalisé à Genève depuis fin février pour des complications liées à une sclérose en plaques. Bien que sorti de l’hôpital jeudi, son neurologue traitant a estimé qu’il n’était pas en état de comparaître devant la justice.
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Face au refus de la cour de reporter les débats prévus pour durer quatre semaines, les quatre avocats de la défense ont quitté les bancs. Pour Me Ouadie Elhamamouchi, cité par Anadolu , il s’agit d’un « déni de justice » bafouant le droit fondamental d’un accusé d’assister à son propre procès.
La défense fustige particulièrement le choix de l’expert judiciaire mandaté par la cour pour évaluer l’état de l’accusé. Ce dernier, ayant conclu à une capacité de comparution immédiate, serait en « conflit ouvert » avec Tariq Ramadan depuis 2018, une partialité dénoncée par ses conseils qui évoquent une procédure bafouée.
Un procès sous tension marqué par des accusations de viols
Tariq Ramadan devait répondre aux accusations de viols formulées par trois femmes. Déjà jugé en Suisse, où il fut acquitté en première instance avant d’être condamné en appel, il sollicite désormais une révision de la procédure helvétique ainsi qu’un complément d’information concernant le volet français de l’affaire.
L’intellectuel dénonce un acharnement lié à son profil public. « J’ai parfois eu l’impression que ce n’est pas un homme que l’on a à juger, mais bien ce qu’il représente », confiait-il récemment, déplorant un lynchage médiatique orchestré par ceux qui souhaitent le couper de son audience en tant que figure musulmane. Les avocats maintiennent que leur client n’a jamais cherché à fuir ses responsabilités, mais exigeait de pouvoir s’expliquer dans des « conditions médicales sereines ».