Le Maroc aide à refermer un dossier nucléaire vieux de près de 20 ans

- 12h00 - Monde - Ecrit par : Said A.

Le Maroc a participé à l’adoption d’une résolution mettant fin à l’un des plus anciens dossiers nucléaires suivis par l’AIEA. L’affaire concernait un réacteur secret construit en Syrie sous Bachar al-Assad et détruit par Israël en 2007.

Le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a adopté mercredi 9 septembre, par consensus, une résolution présentée conjointement par le Maroc, l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Jordanie. Le texte permet de clore l’examen de la non-conformité de la Syrie à ses obligations nucléaires.

Le rôle du Maroc est confirmé par le gouvernement britannique, qui a publiquement remercié les quatre pays arabes à l’origine de la résolution. Londres a soutenu le texte, estimant que les progrès réalisés permettaient désormais de retirer ce dossier de l’ordre du jour régulier de l’AIEA.

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L’affaire remonte à 2007. Cette année-là, Israël avait détruit un site situé à Deir ez-Zor, dans l’est de la Syrie. L’AIEA a ensuite conclu qu’il s’agissait très probablement d’un réacteur nucléaire en construction qui aurait dû être déclaré. En juin 2011, son Conseil des gouverneurs avait officiellement déclaré la Syrie en situation de non-conformité et transmis le dossier au Conseil de sécurité de l’ONU.

73 tonnes d’uranium retrouvées

La chute de Bachar al-Assad, en décembre 2024, a changé la situation. Les nouvelles autorités syriennes ont accepté d’ouvrir plusieurs sites aux inspecteurs internationaux et de fournir des informations jusque-là manquantes.

Les investigations ont notamment permis à l’AIEA de retrouver environ 73 tonnes d’uranium naturel, dont 55 tonnes sous forme de barres de combustible, rapporte Associated Press. Ces matières ont désormais été placées sous surveillance de l’agence.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a indiqué que les informations et les accès obtenus avaient permis de résoudre les questions restées sans réponse concernant les anciennes activités nucléaires syriennes. La Syrie a également transmis le 27 août les informations techniques décrivant l’installation de Deir ez-Zor comme un réacteur désormais démantelé.

Le Maroc entretient depuis plusieurs années une coopération étroite avec l’AIEA. Une mission internationale avait notamment jugé solides les capacités marocaines de réponse à une urgence nucléaire. Le Royaume s’est également engagé plus récemment dans plusieurs initiatives internationales autour du développement du nucléaire civil.

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La résolution portée avec le Maroc ne signifie toutefois pas la fin de toute surveillance de la Syrie. Damas reste soumise à ses obligations dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire et l’AIEA poursuivra ses vérifications, notamment les fouilles sur le site de Deir ez-Zor.