Le Maroc et l’Algérie manquent d’eau, mais pas du tout de la même manière
Le Maroc et l’Algérie subissent tous deux un fort stress hydrique, mais les chiffres montrent deux situations très différentes. L’Algérie dispose de trois fois moins d’eau douce renouvelable par habitant, tandis qu’au Maroc, près de neuf litres sur dix prélevés servent à l’agriculture.
Selon les dernières données comparables de la Banque mondiale, issues de la base AQUASTAT de la FAO, les ressources renouvelables internes en eau douce atteignaient en 2022 environ 777 mètres cubes par habitant au Maroc, contre seulement 247 mètres cubes en Algérie.
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L’écart est encore plus spectaculaire avec l’indicateur de stress hydrique. Il atteignait 50,75 % au Maroc contre 144,81 % en Algérie.
En Algérie, le stress hydrique dépasse 100 %
Un taux supérieur à 100 % ne signifie pas que l’Algérie consomme une eau qui n’existe pas. L’indicateur compare les prélèvements aux ressources renouvelables disponibles, une fois pris en compte les besoins des écosystèmes. Il peut dépasser 100 % lorsqu’un pays puise notamment dans des nappes non renouvelables ou prélève davantage que ce qui se reconstitue naturellement.
Selon la classification utilisée par ONU-Eau, l’Algérie se trouve ainsi à un niveau de stress hydrique critique.
Le Maroc présente une autre fragilité. Les données de la Banque mondiale et de la FAO montrent que l’agriculture représentait 88 % des prélèvements d’eau douce du pays en 2022, contre 67 % en Algérie.
Un autre indicateur résume l’écart entre les deux voisins : les prélèvements annuels d’eau douce équivalaient à 36 % des ressources renouvelables internes du Maroc, contre 92 % en Algérie.
Les deux pays ne sont donc pas confrontés exactement au même problème. L’Algérie part d’une ressource renouvelable par habitant beaucoup plus faible et exerce une pression bien plus forte sur ce stock naturel. Au Maroc, la ressource est supérieure, mais l’agriculture absorbe à elle seule l’immense majorité de l’eau prélevée.
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Même pénurie régionale, deux vulnérabilités différentes : en Algérie, le problème commence par la rareté extrême de la ressource ; au Maroc, il se concentre davantage sur la manière dont l’eau disponible est consommée.