Le Maroc a construit le plus grand chantier naval d’Afrique, mais quelque chose bloque
À Casablanca, les infrastructures du nouveau chantier naval sont réalisées, mais leur exploitation attend toujours. Après plusieurs reports, la procédure destinée à désigner un concessionnaire pour trente ans aurait été annulée. Le Maroc revoit la manière de gérer cet équipement stratégique.
Le site dispose pourtant de moyens considérables : 21 hectares, une cale sèche de 244 mètres sur 40 et une plateforme capable de sortir de l’eau des navires de 9 000 tonnes. Présenté comme le plus grand chantier naval d’Afrique, il doit accueillir des opérations de réparation et de maintenance pour les flottes commerciales, militaires et de pêche.
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C’est l’attribution de son exploitation qui traîne. Dans son article du 4 octobre, Okdiario évoque une décision initialement attendue le 5 août, puis repoussée au 31 décembre. Mais le dossier a depuis évolué : on rapporte l’annulation de l’appel à concurrence, après près de dix-huit mois d’examen des candidatures.
Trois offres restaient en lice. Le consortium Somagec associait le sud-coréen HD Hyundai Heavy Industries et le turc Kuzey Star Shipyard. Radi Holding s’était allié à l’espagnol Marina Meridional et au chinois Ningbo Xinle Shipbuilding Group. L’italien San Giorgio del Porto constituait le troisième candidat. Aucun n’a été retenu.
Le Maroc revoit le modèle d’exploitation
Ainsi, l’annulation découle de nouvelles orientations stratégiques du conseil d’administration de l’Agence nationale des ports. Elle serait liée à des considérations de souveraineté et à la volonté de développer une industrie navale nationale, plutôt qu’à la qualité des offres.
Cette réflexion était déjà évoquée le 20 septembre par La Voz de Galicia. Le quotidien espagnol expliquait que les autorités marocaines examinaient la place à donner au chantier : une installation confiée à un opérateur extérieur ou un équipement autour duquel structurer la filière nationale.
Le choix engage plusieurs décennies d’activité. La concession recherchée devait couvrir l’aménagement, l’équipement, l’exploitation et la maintenance du site. Au-delà de la prise en charge des navires marocains, Casablanca ambitionne d’attirer une partie des bateaux habituellement réparés dans les chantiers du sud de l’Europe, confrontés à la saturation.
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Pour les armateurs, l’intérêt serait de disposer d’une nouvelle capacité de réparation sur la façade atlantique, à proximité des routes maritimes entre l’Europe et l’Afrique. Pour le Maroc, le chantier permettrait de réaliser localement davantage d’interventions sur ses propres flottes.
Ces activités attendent désormais un nouveau cadre d’exploitation. Après l’abandon de la procédure de concession, aucun modèle de remplacement n’a encore été annoncé.