La diaspora change de visage...et de pays d’accueil

- 06h36 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Le visage de la nouvelle génération des MRE a complètement changé par rapport à celui des années soixante. Depuis, son profil, ses ambitions et sa destination ont subi des modifications profondes dont l’intensité s’est accélérée durant ces dernières années sous l’effet de la mondialisation.

Pour les décideurs, la prise de conscience de ce changement est fondamentale pour l’élaboration d’une nouvelle politique nationale migratoire. Ainsi, dans le cadre de la mobilisation actuelle de toutes les potentialités du Royaume, cette politique devrait assurer l’implication des MRE au développement de leur pays tout en garantissant leurs droits dans les pays d’accueil. Ceci, conformément à l’esprit des recommandations de l’Atelier national sur la migration qui avait lieu à Rabat, les 26 et 27 juillet dernier.

Par ailleurs, pour toutes les générations, il est utile de rappeler que l’émigration trouve sa raison d’être dans l’incapacité du marché du travail au Maroc à satisfaire les besoins d’une population active en perpétuelle évolution. Cette situation s’est nettement dégradée après l’application du programme d’ajustement (PAS) où l’Etat s’est désengagé en tant que principal employeur : 50.000 emplois avant le PAS pour chuter à 12.000 emplois. Le privé n’a pas pu, jusqu’à présent, relever le défi.

A propos des caractéristiques de la nouvelle génération des MRE, à retenir dans un premier temps, le passage depuis l’indépendance à nos jours, d’une émigration temporaire à une émigration durable touchant toute la famille de l’émigré. Au niveau des régions en tant que source d’émigration, le Nord-Est du Maroc et le Sud ont constitué les foyers traditionnels de l’émigration. Actuellement, toutes les régions du pays sont concernées par le phénomène migratoire à des degrés différents. Côté profil, on constate que l’émigration touche aujourd’hui tous les âges, y compris les enfants, avec un accroissement du quota des femmes grâce au regroupement familial. De même, la composition de cette génération n’est plus limitée aux ouvriers non qualifiés qui ont fait la gloire des minerais du charbon au nord de la France, mais touche également des cadres hautement formés dans divers domaines et aussi par des hommes d’affaires.

Parmi eux, on trouve des parlementaires, des conseillers et des responsables de grandes sociétés dans les pays d’accueil. La majorité de la diaspora n’est plus concentrée dans quelques pays européens comme la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne, mais elle a envahi d’autres régions du monde, à savoir le Canada, l’Italie, la GB, les USA, les pays du Golfe...Selon les estimations du ministère délégué chargé des MRE pour l’année 2002, le nombre des émigrés marocains dépassait deux millions et demi dont 2.185.170 en Europe avec la France largement en tête (1.024.766). La Belgique (214.859) et l’Allemagne (99.000) ont cédé la place à l’Italie (287.000) et à l’Espagne (222.948). Pour le continent américain, on dénombre 155.432 émigrés répartis entre USA (85.000) et le Canada (70.000), les 432 restants ont préféré l’Amérique latine. Fort probablement, depuis 2002, le nombre a fortement augmenté vers le nouveau continent.

Devant cette évolution quantitative et qualitative de la diaspora, il serait impératif d’abandonner l’approche étriquée cantonnée uniquement sur la promotion du transfert des devises. Certes, des actions ont été déjà lancées par la haute autorité du pays dans l’objectif de faire intégrer ces Marocains dans la gestion de leur pays au niveau des différents plans : économique, politique et social. Cette approche constituera sans doute les fondements de la nouvelle politique migratoire nationale.

Destination USA en tête

Sur le plan international, des mutations et des changements ont marqué le mouvement migratoire lors de cette dernière décennie. Entre 1990 et 2005, le nombre des migrants dans le monde a passé de 36 millions pour atteindre 191 millions. Leur répartition géographique a été distinguée par la concentration de 75% des migrants dans 28 pays contre 30 pays en 1990. Les USA accaparent eux seuls 20% en 2005, contre 15% en 1990. Ce pays vient en tête comme destination privilégiée pour la matière grise : plus de 10 millions d’émigrés hautement qualifiés en l’année 2000 contre prés de 6 millions en 1990. Pour cette même catégorie, plus de quatre millions enregistrés au sein de l’Europe des 15 en 2000, affichant un accroissement de 100% par rapport à 1990.

Nour Eddine EL AISSI - L’Economiste

  • Maroc : Quel rôle pour l'élite marocaine en Europe ?

    La communauté marocaine installée en Europe a aujourd'hui une élite politique et économique, artistique et sportive très riche et variée qui constitue aujourd'hui la vitrine de cette diaspora installée en Europe. Le regard du Maroc sur cette communauté commence à évoluer positivement.

  • MRE : L'émigration se féminise

    Le Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH) poursuit son programme de consultation pour préparer le terrain à la création d'un Conseil supérieur des communautés marocaines résidentes à l'étranger. Le CCDH a été chargé par le Souverain en septembre 2006 d'élaborer un avis concernant ce sujet. « Quatre ateliers thématiques sont programmés, à raison d'un par mois », précise Driss El Yazami, membre du conseil.

  • Les pays arabes, nouveaux foyers d'émigration

    En deux décennies, le nombre des MRE a presque doublé passant de 1.634.520 en 1992 à plus de 3.300.000 aujourd'hui, soit près de 10% de la population marocaine. Cette statistique est basée sur les immatriculations dans le réseau diplomatique. Ce chiffre n'inclut pas ceux qui sont dans une situation irrégulière qui se comptent par milliers.

  • Transferts d'argent : Les recettes des MRE en nette progression

    Les recettes des MRE sont en nette progression. La répartition des recettes par le pays d'accueil montre la prédominance de la France dont la part est de 16.824 Mdh.

  • Emigrés : révision des accords conclus avec les pays d'accueil

    Le "Débat transnational sur l'émigration marocaine", organisé du 8 au 10 décembre courant à Rabat, a débouché dimanche sur un appel à la révision des accords conclus entre le Maroc et les pays d'accueil dans le domaine de la migration.

  • La diaspora marocaine et sa citoyenneté

    Citoyenneté, droit de vote, contribution au développement économique des Marocains résidant à l'étranger, étaient au menu d'un débat dont a pris part Nouzha Chekrouni, ministre chargée de la Communauté MRE, Mohamed Belghazi, DG du Groupe Banques Populaires, Jamal Belahrach, DG de Manpower, des membres de la diaspora marocaine, dans le cadre de l'émission « Entreprendre » de la RTM et qui sera diffusée mardi 8 août à partir de 21 heures.

  • Maroc : -65% de tentatives d'émigration clandestine

    Les tentatives d'émigration clandestine à partir du Maroc ont connu une baisse significative en 2006 en raison d'un contrôle très strict des frontières et de la lutte contre les réseaux de passeurs.

  • La diaspora marocaine : Pour une intégration politique innovante

    Tous les décideurs politiques marocains portent un grand intérêt à la participation de la diaspora marocaine aux élections législatives. Ceci étant dit, le souci principal demeure dans la manière de veiller à rendre ce souhait une réalité. Sachant que la finalité politique, plus que de faire participer le plus possible la diaspora, de surcroît ses jeunes générations, est avant tout de réinventer une stratégie politique innovante envers cette population qui soit fondée sur une logique de partenariat interactive et durable.

  • Les VRP des MRE

    Après le chant de cygne de Najat Attabou chantant, maladroitement, les marhabas, voilà venu le temps où l'émigration est présentée comme le coffre-fort garni de l'économie du pays.

  • Marocains du monde : Une véritable politique sinon rien !

    Beaucoup de chercheurs suivent cette aventure humaine où plus de 10% de nos concitoyens sont territorialement, politiquement et, plus grave, culturellement « externalisés » ; certains forçats de la « recherche », imperturbablement, continuent de rabâcher les mêmes données avariées qui ne concernent que la (sociologiquement) défunte première génération. Une paresse intellectuelle tenace semble empêcher ces « sociocu » de voir les nouveaux contours de la marocanité issue de l'immigration, les nouveaux Marocains du monde (MDM).