Maroc : enquête sur une fraude massive
La facture de carburant de l’État a explosé de manière suspecte, déclenchant une riposte immédiate des autorités de contrôle. L’Inspection générale des finances (IGF) mène actuellement des audits ciblés dans plusieurs établissements publics pour débusquer un vaste système de gaspillage et de détournement de fonds.
Les enquêteurs se sont déployés dans sept structures entre Rabat et Casablanca, alertés par des coûts de fonctionnement anormaux signalés par les comptables publics, fait savoir Hespress. L’examen des dossiers a révélé des pratiques frauduleuses bien rodées. Des bons d’approvisionnement et des cartes magnétiques circulent illégalement, finissant entre les mains de proches de fonctionnaires ou étant échangés contre de l’argent liquide. Plus grave, certains documents ont été falsifiés pour gonfler artificiellement les quotas de consommation.
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Les investigations ont mis au jour des aberrations comptables flagrantes. Des véhicules officiellement immobilisés depuis des mois pour panne continuent de recevoir des dotations mensuelles de carburant. Sur les chantiers publics, le système de contrôle est tout aussi défaillant : des engins lourds se voient attribuer des volumes de gasoil excessifs, dépassant largement leurs heures de fonctionnement réelles.
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Ces manœuvres frauduleuses auraient permis à des fonctionnaires et des entrepreneurs privés d’accumuler des profits substantiels en revendant le carburant détourné ou en l’utilisant pour leurs besoins personnels. Face à ces dérives qui grèvent le budget de l’État, l’IGF accélère ses vérifications, ciblant particulièrement les arriérés de paiement accumulés auprès des distributeurs et la responsabilité des hauts fonctionnaires impliqués dans ces circuits opaques.